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Titre : Un monde plus qu'humain : approches féministes en éthique animale et environnementale - Séance 4 - Écoféminisme(s) en pratique : Combattre des oppressions et des violences invisibles
Résumé : -

Auteure : Élise Desaulniers (Chercheuse indépendante)
1 - La prise de parole des femmes sur la question animale
Si l'on met de côté le mouvement féministe, le mouvement animaliste est sans doute le premier mouvement social à être constitué danss une large majorité de femmes. Il y a certainement là quelque chose d'inédit qui mérite d'être pensé. Pourtant, le "plafond de verre" ne l'épargne pas: les femmes restent sous-représentées à la tête des organismes de défense des animaux et parmi les leaders influents. Pour de nombreux auteur-e-s, le mouvement animaliste reproduirait ainsi la dichotomie patriarcale dominante où les femmes, associées aux émotions, agissent à l’arrière scène (et font des recettes) pendant que les hommes, perçus comme crédibles et rationnels, sont dans les rôles de pouvoir. D'où la question qui sera au coeur de cette présentation: comment faire en sorte que la direction du mouvement soit plus représentative de la diversité de ses membres et que la parole des femmes soit entendue ?
Auteure : Martin Gibert (GRIN (groupe de recherche interuniversitaire sur la normativité))
2 - Carnisme et perception morale
Le carnisme, le concept forgé par la psychologue et militante de la cause animale Melanie Joy, offre un nouvel outil pour penser l’oppression dont les animaux sont victimes. Il désigne l’idéologie qui conditionne les gens à considérer qu’il est normal, naturel et nécessaire de consommer des produits animaux. Nommer, désigner et décrire le carnisme constitue en en tant que tel une manière de le dénoncer. Il peut, à cet égard, rappeler de concept d’idéologie patriarcale. Je voudrais défendre la thèse selon laquelle le carnisme peut se comprendre comme une idéologie qui brouille la perception morale. En effet, le carnisme consiste à rendre invisible les intérêts des individus non humains par toute sorte de stratégies. Sa force réside dans sa capacité à faire disparaître la question animale, ou du moins à la sous-exposer à notre perception morale. Il s’agira donc d’appliquer le cadre d’analyse développé dans mon livre L’imagination en morale au cas particulier du carnisme.