Détail ::::::
Animatrice : Nicole Cöté (REQEF)
Titre : Représentations littéraires, artistiques et médiatiques des sexualités - Séance 4 - Sexualités postcoloniales
Résumé : -

Auteure : Desire K.Wa kabwe-Segatti (University of Johannesburg)
1 - L’écriture du sexe dans les romans féminins postcoloniaux : Perpétuation, subversions ou réappropriation l’enjeu sexuel ?
La question de la sexualité n’est certes pas nouvelle dans les littératures africaines tout comme dans celles de la postcolonie, ce qui est nouveau cependant, c’est l’orientation accordée à sa représentation à travers différentes époques et mœurs sociopolitiques en cours dans ces sociétés. Nous nous proposons d’analyser l’enjeu social et politique de l’écriture du sexe dans quelques romans féminins postcoloniaux en vue cerner les motivations profondes de ce qui apparaitrait aujourd’hui comme étant une représentation littéraire complaisante des sexualités parfois déviantes, transgressives, voire libérées, en fonction du vécu ou du parcours des écrivaines, qui par extension pourrait, a de degré divers pourrait être juxtaposés aux parcours des auteurs-narratrices.
Auteure : Aristide Michel MENGUELE MENYENGUE (Université de Douala)
2 - L’homosexualité dans la littérature camerounaise : entre velléités de mystification et discours de rationalisation
Au Cameroun, il existe une abondante littérature qui relaie des représentations souvent opposées et contradictoires et rarement complémentaires sur l’homosexualité. Cette forme de sexualité se trouve donc dans un entre-deux qui rend complexe toute compréhension du phénomène. Entre discours de mystification et tentatives d’explication rationnelle, l’homosexualité reste un sujet relativement tabou dans le contexte camerounais. La littérature existante au niveau local a contribué de manière décisive à répandre des idées reçues autour de l’homosexualité mystique. De fait, « l’homosexualité est une pratique assimilée d’emblée à la sorcellerie » (Abéga, 1995, 104). Comme a pu s’en rendre compte Nadine Machikou, « la perception sociale de l’homosexualité est très marquée par les catégories ritualo-initiatique » (Machikou, 2009). Les mythes fondateurs de l’homophobie, les liturgies homophobes, des velléités de sacralisation de l’homophobie et l’écho médiatique de l’homosexualité au Cameroun a contribué à présenter cette forme de sexualité comme une pratique initiaque voire magico-religieuse qui ressortit des sociétés secrètes. Or, il existe des formes discursives qui procèdent à une rationalisation de la sexualité considérée en empruntant beaucoup au paradigme freudien. Mais celles-ci restent relativement marginales dans le contexte actuel. Sans doute ces représentations duales de l’homosexualité qui oscillent entre mystification et rationalisation ont contribué à faire de l’Afrique sub-saharienne « le berceau par excellence de l’homophobie » comme l’a pensé une certaine opinion.
Auteure : saadedine fatmi (Université de Mascara)
3 - L’image de la femme dans la bande dessinée algérienne francophone
L’objet de notre communication est de révéler, à travers la bande dessinée francophone, une illustration importante des rapports conflictuels entre l’homme et la femme en Algérie. Des rapports confus influencés notamment par la religion et le sexisme régnant. La femme apparaît souvent comme un objet sexuel nourrissant les fantasmes des hommes. Elle est gracieuse lorsqu’il s’agit de la draguer dans les rues, et repoussante à l’intérieur du foyer familial. Nous avons aussi constaté que certains extraits de la B.D. sentimentale renforcent l’idée de la présence de la femme à l’intérieur du foyer, et celle de la maîtresse dans une chambre d’hôtel. Qu’il s’agit de l’épouse ou de la maîtresse. Certains dessinateurs s’arrangent parfois à écorcher l’épouse idéale en la tenant responsable d’un adultère avec des amants. Même si la femme apparaît comme émancipée, elle représentera toujours une créature qui amplifie les tentations sexuelles : des personnages au corps sculptural et aguichant. La femme ne garantit plus l’ordre familial, elle semble s’accommoder aux sollicitations des hommes dans l’espace public où le harcèlement masculin est omniprésent. Certains dessinateurs inversent la tendance en illustrant des femmes attirantes qui participent à la vie active en s’émancipant, mais elles demeurent exclues du pouvoir de décision. Les comportements des hommes enracinent l’image de la femme dans un discours d’appartenance domestique.