Détail ::::::
Animatrice : Catherine Dussault Frenette (Université de Sherbrooke)
Titre : Représentations littéraires, artistiques et médiatiques des sexualités - Séance 5 - Femmes, pouvoir et sexualité
Résumé : -

Auteure : Myriam Le Blanc Élie (UQAM)
Le-s co-auteure-s : Julie Lavigne (UQAM); Sabrina Maiorano (Université du Québec à Montréal)
1 - Cartographie des pornographie critiques faites par les femmes : question de féminisme et de sexualité explicite
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Auteure : Allison Faris (CUNY Graduate Center)
2 - Fy de cet honneur, et vive le plaisir ! »: La sexualité féminine chez Brantôme, menace implicite
Les Dames galantes, commencé par Brantôme après 1587 mais qui n'a été publié qu'après sa mort en 1666, se concentre sur les exploits sexuels des femmes nobles et parfois illustres. Or, la critique s'est peu intéressée à l'examen de ce contenu sexuel, préférant se focaliser sur le cadre socio-historique. Je propose d'y analyser la représentation de la sexualité féminine. Suivant le travail de David LaGuardia, je discute comment Brantôme construit une féminité qui complémente en même temps qu'elle s'oppose à la masculinité «performative» de l'époque. C'est cette féminité excessive que l'auteur cherche à restreindre textuellement, et c'est ce processus qui montre à quel point la sexualité féminine est jugée menaçante. Chez Brantôme, on trouve une hiérarchie de jugements, où certaines femmes sont plus condamnables que d'autres. Je me penche sur trois catégories de femmes «menaçantes»: les femmes adultères, les prostituées, et les «lesbiennes» (terme que l'auteur emploie, mais qui ne correspond pas à sa définition moderne d'identité sexuelle). Comment l'auteur représente les actes sexuels, les désirs, de ces femmes? Est-ce que les trois catégories nous fournissent une vue «authentique» de la sexualité féminine? Quelle catégorie sera la plus menaçante, et qu'est-ce que cette menace peut nous dire de la masculinité du XVIème siècle et de la construction masculine de la féminité? Bien que ce texte soit écrit par un homme, je soutiens qu'une analyse de la sexualité féminine qu'on y trouve étend notre connaissance de la construction du «genre» tout en dressant un tableau des mœurs sexuelles de l'époque.