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Titre : Expériences des pratiques intersectionnelles dans les mouvements et groupes féministes : ateliers de réflexion collective autour des défis, résistances et stratégies - Séance 1 - Interventions féministesintersectionnelles : faire face aux violences structurelles
Résumé : La prise en compte des divers vécus des femmes dans l'intervention sociale est un défi à relever au quotidien, mais qui peut avoir des effets bénéfiques à long terme sur des communautés entières. En ce sens, divers outils d'intervention ont été développés, les bénéfices et les limites de ceux-ci ont été pesés avec l'aide des premières touchées par ces interventions. Que pouvons-nous apprendre de ces expériences et quels défis attendent toujours ces groupes? C'est par le biais de l'intervention auprès des communautés autochtones et immigrantes, de jeunes femmes dans la rue et/ou ayant vécu des violences sexuelles que nous échangerons.

Auteure : Catherine Flynn (Université d'Ottawa)
1 - Agir ensemble pour lutter contre la violence structurelle : réflexion autour d’une expérience de pratique intersectionnelle
Alors que l’intersectionnalité est devenue un véritable buzzword dans le champ des études féministes (Davis, 2008), plusieurs questionnements persistent quant à son utilisation afin de rendre visible la parole des femmes marginalisées et l’inclure dans les pratiques sociales. La recherche-action participative (RAP) est apparue une solution pertinente afin de mobiliser les jeunes femmes de la rue dans l'expérimentation de pratiques intersectionnelles. Cette démarche a été réalisée auprès d’un groupe de sept jeunes femmes de la rue de la région de Québec sur le thème de la violence structurelle. Une analyse du processus montrera comment les participantes se sont engagées dans la réflexion sur leur expérience de la violence structurelle et de l’expérimentation de stratégies pour la prévenir, la surmonter ou y résister. Cette démarche intersectionnelle a contribué à ouvrir le dialogue avec différents acteurs afin d'améliorer les conditions de vie de ces jeunes femmes.
Auteure : Maude Chalvin (Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel)
2 - Construire un mouvement pluriel contre les violences sexuelles : l'enjeu intersectionnel dans les CALACS
Selon leur contexte, les femmes sont menacées de différentes formes de violence sexuelle (viol de guerre, mutilation génitale, traite, etc.) et vivent différentes situations de vulnérabilité (isolement, dépendance face à un fournisseur de soin, stigmatisation, etc.) causant de plus grands taux de victimisation chez certains groupes de femmes (pour les femmes autochtones et celles vivant avec un handicap physique ou mental, par exemple). Conséquemment, les femmes déploient différentes stratégies de survivance selon leur contexte (autodéfense ou justice par le fait, recours aux autorités et parcours judiciaire, relation d'aide féministe dans un contexte non-mixte, etc.). Dans leur Déclaration de principes (2010), les Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) reconnaissent qu'« il y a intersection entre le patriarcat et d’autres contextes d’oppression, de discrimination et d’exclusion (…) [qui crée] des inégalités entre les femmes et [s'engagent] à lutter contre celles-ci. » Si le volet de prévention s'est enrichie par la prise en compte de différentes réalités (exotisation des femmes racisées et fétichisme racial, par exemple) et que le volet aide s'articule autour de l'intervention féministe intersectionnelle et tend vers des services culturellement sensibles, qu'en est-il du travail de mobilisation et de défense de droits? Comment construire un mouvement pluriel contre les violences sexuelles? Comment tisser des alliances entre les luttes afin de s'attaquer aux causes de certaines situations de vulnérabilité des femmes face à la violence sexuelle (lois d'immigration ou pauvreté par exemple) sans pour autant noyer une problématique déjà taboue et occultée?
Auteure : Sarah-Maude Le Gresley (UQAM)
3 - Repérage des dimensions intersectionnelles dans les pratiques d'intervention auprès des femmes issues de l'immigration
Dans la réalisation des orientations actuelles des organisations féministes — c’est-à-dire la lutte contre les discriminations multiples, les visées d’inclusion, d’égalité et de solidarités entre les femmes —, les milieux féministes d’intervention expérimentent les perspectives intersectionnelles. Toutefois, la polysémie du terme intersectionnalité entraine une variété de traitement de « l’objet » intersectionnel en intervention (Harper et Kurtzman, 2014). De plus, certains défis sont recensés en intervention auprès des femmes issues de l’immigration, notamment celui de discerner la pluralité et la complexité de leurs oppressions (Rinfret-Reynor, 2013). Ainsi, comment les intervenantes parlent-elles des situations des femmes issues de l’immigration? De quelle manière intègrent-elles les cadres de travail de l’intersectionnalité ? Enfin, la plupart des écrits en travail social proposent des perspectives intersectionnelles prometteuses et spécifiques au domaine de la violence conjugale. De fait, est-il possible d’en repérer dans d’autres secteurs d’intervention, par exemple, dans les centres de femmes? Cette communication présentera les analyses préliminaires touchant les pratiques d’intervention privilégiées par les intervenantes des centres de femmes auprès des femmes issues de l’immigration. Elle sera l’occasion de rendre compte de certaines dimensions intersectionnelles existantes au sein de leurs pratiques.