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Titre : Expériences des pratiques intersectionnelles dans les mouvements et groupes féministes : ateliers de réflexion collective autour des défis, résistances et stratégies - Séance 2 - Expériences de mise en pratique intersectionnelle et résistances au sein de groupes affinitaires et organisations
Résumé : Que ce soit au sein de petits groupes affinitaires ou de regroupements féministes militants plus vastes, certaines mises en pratique de l’intersectionnalité voient le jour depuis les deux dernières décennies au Québec. Ces transformations récentes des pratiques militantes témoignent d’une volonté de décentrer nos réflexions sur les oppressions d’un sujet femme majoritaire (cis*-hétérosexuelle-blanche-québécoise-« de souche »-classe moyenne et validée - i.e. non-handicapée) afin de tenir compte des différentes expériences au sein d’un même groupe social. Or, ce décentrement s’accompagne plus souvent qu’autrement de réticences et/ou de résistances au changement. Cet atelier a pour objectif d’aborder certaines expériences de transformation des pratiques ou de pratiques déjà existantes ainsi que les résistances et tensions qui les accompagnent. Nous souhaitons susciter un dialogue entre des personnes provenant de différents types d’organisations sociales, ainsi qu’entre féministes dites majoritaires et féministes excentrées.

Auteure : Alice Lepetit (Fédération des femmes du Québec)
Le-s co-auteure-s : Cybel Richer-Boivin (Federation des femmes du Québec)
1 - Défis de la mise en pratique de l'approche intersectionnelle au sein de la Fédération des femmes du Québec (FFQ
La FFQ propose d’explorer les enjeux liés à la mise en pratique de l’intersectionnalité dans un espace de militance féministe. À travers quelques exemples, nous poserons un regard critique, en soulignant les bons coups, les erreurs et les obstacles rencontrés, dans notre volonté de transformer nos pratiques, nos stratégies et notre structure démocratique. Par ces exemples, nous souhaitons rendre visible les transformations nécessaires, dans un espace demilitance tel que la FFQ, pour dépasser la notion d’inclusion et viser une réelle remise encause des rapports de pouvoirs.
Auteure : Monique Dauphin (Maison d'Haïti)
Le-s co-auteure-s : Chantal Ismé (CLES)
2 - Résistance à l'approche intersectionnelle: cas de la femme Haïtienne en contexte migratoire
Deux présentations complémentaires qui viendront illustrer les aléas de l'intervention intersectionnelle au quotidien dans la pratique à la Maison d'Haïti. Il s'agira d'abord de présenter à l'aide d'une mise en situation, de manière concrète, les refus de certaines participantes à accepter les propositions d'intervention face à certains problèmes, notamment les violences sexuelles et conjugales. Cette partie viendra mettre en lumière les différents niveaux de barrières tant linguistique, culturelle et identitaire qui obligent à un ajustement constant des meilleures pratiques en cours en la matière au Québec. Nous aborderons également la dynamique créée au sein de l'organisme afin d'optimiser l'approche intersectionnelle maîtrisée à des degrés divers par différent-e-s intervenant-e-s. Nous toucherons également, les réponses des organismes auxquels ces femmes sont référées par rapport aux ajustements requis pour répondre au vécu et à la trajectoire différents de ces dernières. La deuxième partie sera une analyse théorique des pratiques développées en tenant de l'interaction complexe entre les intervenantes de la Maison d'Haïti, les participantes et les organismes de référence spécialisés. Les résistances des femmes face à cette approche d'intervention, qui pourtant met l'accent sur la spécificité de leurs vécus, seront examinées en vue de faire ressortir les éléments de blocage. Ces derniers seront mis en jeu avec le type de collaboration obtenue lors des références à d'autres organismes. Pour finir, nous amènerons des pistes de réflexion sur la concrétude de l'approche intersectionnelle en contexte migratoire et socio-économique défavorisé.
Auteure : Stéphanie Benoit-Huneault (UQAM)
3 - Les groupes affinitaires féministes radicaux à Montréal : analyses et pratiques intersectionnelles sur la maternité
Patricia Hill Collins affirme que « la maternité se situe dans des contextes historiques spécifiques régis par des structures enchevêtrées de race, de classe et de genre [ce que] la théorisation féministe minimise systématiquement » (1994 : 56-57). Plusieurs auteures ont également montré que l'imaginaire féministe qui a sous-tendu le mouvement pour le contrôle des naissances d'abord, pour l'avortement ensuite et pro-choix enfin, est historiquement marqué par la suprématie blanche (Davis, 1980 ; Smith, 2005) et par l'occultation du rapport particulier que les femmes racisées entretiennent à la maternité (Roberts, 1997). Qu'en est-il des groupes affinitaire féministes radicaux non-mixtes qui affirment aller à la racine des oppressions tout en affirmant inclure au sein même de leur définition du féminisme radical une analyse intersectionnelle (Pagé, 2006 : 127)? Comment les pratiques et les cadrages des ces groupes prennent-ils en considération les oppressions de classe, de sexe et de race au moment de s'attaquer aux questions de la maternité et de la reproduction ? C'est à l'aide d'entrevues semi-dirigées (Savoie-Zacj, 2009), d'observations directes (Laperrière, 2009) et d'analyse de contenu (Bardin, 2013) au sein de trois groupes féministes radicaux – le Montreal Sisterhood, la Coalition féministe radicale contre le G20 et Les Sorcières – que nous avons tenté de répondre à ces questions dont nous présenterons les résultats préliminaires.