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Animatrice : Sophie Gilbert (Université du Québec à Montréal)
Titre : Recherche partenariale féministe : une « autre » épistémologie - Séance 1 - Les conditions relationnelles
Résumé : Précédé de l'Ouverture du colloque par Lyne Kurtzman, UQAM, Québec :

Auteure : Suzy Basile (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)
Le-s co-auteure-s : Joanne Ottereyes (Femmes Autochtone du Québec Inc.)
1 - Les lignes directrices en matière de recherche avec les femmes autochtones : exemples concrets et études de cas
Le contexte de la recherche avec les Peuples autochtones est en pleine transformation au Canada, notamment depuis que ceux-ci ont cessé d’être, grâce à leur activisme, des « sujets » de recherche pour devenir des partenaires de celle-ci. Des protocoles et des lignes directrices ont été rédigés dans le but de mieux encadrer et accompagner les projets de recherche se déroulant dans les communautés autochtones au Québec. En 2012, l’Association Femmes autochtones du Québec a développé des lignes directrices en matière de recherche avec les femmes autochtones afin de mieux répondre aux multiples demandes de partenariat de recherche que l’association reçoit ainsi que pour outiller les femmes des communautés autochtones à faire de même. Les chercheurs-es doivent désormais intégrer dans leurs travaux la dimension autochtone mais aussi celle des femmes. Longtemps ignorées des processus de prise de décision les concernant, les femmes autochtones doivent donc faire l’objet d’une approche particulière si on veut éviter de perpétuer leur exclusion. Les chercheurs-es qui travaillent en contexte autochtone et féminin doivent donc relever des défis méthodologiques afin de réaliser une recherche. À titre d’exemple, un projet de recherche qui porte sur le rôle et la place qu’occupent les femmes autochtones dans la gouvernance du territoire et des ressources naturelles sera présenté.
Auteure : Nathalie Lafranchise (UQAM)
Le-s co-auteure-s : Berthe Lacharité (Relais-femmes)
2 - La relation partenariale entre chercheures et groupes de femmes : un véritable lien à tisser.
La recherche partenariale implique l’établissement et le maintien d’un lien véritable entre chercheures et praticiennes. Certaines conditions favorisent ce lien (Dumais, Béchard et Bussières, 2011 ;). Panet-Raymond et Bourque (1991) soutiennent que la mobilisation des partenaires impose un rapport égalitaire, équitable et d’interdépendance où la contribution de chacun, chacune est essentielle. Coenen (2001), s’appuyant sur la conception de Freire, soutient que la collaboration dépend de la qualité des rapports entre les chercheurs, les chercheuses, et les partenaires ainsi que de facteurs tels que : la mobilisation des partenaires, l’établissement d’une relation de sujet à sujet, la présence de confiance, le respect mutuel, la tolérance, la patience, l’engagement, la transparence, l’établissement d’un dialogue ouvert, ainsi que la considération mutuelle de l’importance équivalente des connaissances et des compétences respectives. Kurtzman, (1999) s’attarde plus spécifiquement à la recherche partenariale féministe et identifie d’autres enjeux éthiques dont la construction d’un processus démocratique et l’engagement de la chercheure par rapport à la cause des femmes. Le respect de ces conditions permet de réduire les tensions engendrées par la rencontre de deux cultures, universitaire et communautaire, dans les projets en partenariat. Exposant une expérience fructueuse de collaboration entre une chercheure et des praticiennes de Relais-femmes, cette communication veut éclairer les postures de chacune, les conditions relationnelles et le processus de négociation et d’échange continu entre les parties, depuis la prise de contact jusqu’à l’étape de transfert qui auraient pu contribuer, selon nous, à l’établissement et au maintien d’un lien favorable à la réalisation d’une recherche partenariale.