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Animatrice : valerie bourgeois-guerin (Université du Québec à Montréal)
Titre : Les approches féministes en gérontologie sociale : de la recherche à la pratique - Séance 1 - Introduction
Résumé : -

Auteure : Michèle Charpentier (UQÀM/IREF)
1 - Quand l’âge rencontre le genre
En guise d’ouverture de ce colloque, les organisatrices nous ont invité à retracer les grands courants et les principaux thèmes abordés dans la recherche féministe sur les aînées afin d’en montrer l’évolution. Notre objectif n’est pas de brosser un portrait exhaustif des écrits, mais plutôt de proposer une synthèse analytique des étapes qui ont marqué la recherche sur les aînées. Des années 1980 à aujourd’hui, nous dégageons trois principaux moments : 1) l’invisibilité des femmes aînées et le rôle des précurseures ; 2) l’éclosion de la recherche sur les femmes aînées et la mise à nu des problèmes ; et 3) les nouvelles avenues théoriques intersectionnelles. La période actuelle fera l’objet d’une analyse plus approfondie, dans la mesure où nos recherches en sont représentatives, et parce qu’elle fait montre de la diversité des expériences de vieillissement des femmes, dans leur rapport au corps, à la vieillesse, au social.
Auteure : Ruth Rose (Université du Québec à Montréal)
2 - Les femmes et la retraite : aura-t-on assez d’argent?
Au cours des dernières décennies, le taux de pauvreté des femmes âgées a diminué de façon marquée au Canada, en partie à cause de l’amélioration des régimes de retraite publics mais surtout parce que les femmes sont de plus en plus présentes sur le marché du travail. Gagnant un salaire pendant le plus gros de leur vie d’adulte, elles participent aux régimes de pensions assurantiels publics et privés et elles sont aussi plus en mesure d’épargner pour leurs vieux jours. Malgré ce progrès, les revenus des femmes de 65 ans et plus demeurent toujours inférieurs de 30 à 40 pour cent à ceux des hommes. De plus, les femmes vivant seules âgées de 55 à 64 ans, qui ne sont pas encore admissibles aux régimes de retraite publics, figurent parmi les groupes les plus pauvres du Canada et le plus souvent dépendants de l’assistance sociale. Avec le vieillissement des populations, à peu près tous les pays industrialisés sont en train de réduire les montants accordés par les régimes publics ou d’accroître l’âge pour y accéder. De plus, les mesures destinées spécifiquement à reconnaître le travail non rémunéré des femmes, telles les rentes de conjoint survivant ou des crédits accordés en fonction de la présence d’enfants à charge, sont souvent visées. En d’autres mots, ces orientations gouvernementales risquent d’inverser le progrès réalisé par les femmes en raison de leur plus grande participation au marché du travail. Devrions-nous craindre une renaissance de la pauvreté chez les femmes ? À la lumière des tendances au Canada, nous examinerons l’impact sur les femmes de l’évolution récente ou pressentie des régimes de retraite aux États-Unis et en Europe.