Détail ::::::
Animatrice : Marie-Andrée Roy (UQAM)
Titre : Penser, créer agir les féminismes dans le champ religieux - Séance 4 - Femmes, droits et religions
Résumé : -

Auteure : Sonia Sarah Lipsyc (ALEPH-Centre d'Etudes Juives Contemporaines)
1 - De l’usage de la loi civile et d’autres stratégies sociétales dans l’avancée des droits des femmes au sein du judaïsme en Israël et au Canada
Alors qu’il existe une séparation des domaines religieux et civil dans diverses démocraties, il arrive que les femmes usent de la loi civile pour l’amélioration de leurs droits au sein du judaïsme. Quels sont leurs arguments ? Comment la loi civile intervient-elle dans un domaine religieux ? Nous étudierons en Israël, les cas des « Femmes du Mur » et de « Léah Shakdiel » qui se sont tournées vers la Cour Suprême, les premières pour avoir notamment le droit de prier en groupe devant le Mur occidental à Jérusalem. La deuxième, dans le cadre du leadership religieux, afin de pouvoir être candidate au sein du conseil religieux municipal s’occupant des besoins religieux de la cité de Yehoram. En matière de divorce religieux, le cas Bruker vs Marcovitz, au Canada, nous permettra de mieux comprendre les interactions subtiles entre loi civile et religion. Nous évaluerons également l’influence des préconisations de JOFA, le forum juif orthodoxe et féministe américain, sur l’évolution du statut des femmes dans le rituel juif ainsi que la prise de conscience sociétale suscitée par des groupes féministes juifs sur Facebook.
Auteure : Samia AMOR (Université de Montréal)
2 - L’inégalité hommes/femmes : une question de religion ou de droit ?
Cette contribution tend à répondre à la question : comment cerner l’impact du religieux sur les femmes, les rapports hommes-femmes et les transformations sociales pour l’atteinte de l’égalité des sexes ? Elle le fait dans un regard genré et croyant sur le droit islamique, notamment le Code algérien de la famille. À partir de l’exemple du divorce au féminin, l’analyse procèdera à une déconstruction en contexte en s’attachant à identifier les inégalités en droit, à prendre en compte l’illusion de neutralité du droit, à revisiter le droit islamique à partir d’une herméneutique coranique (libre) libérale, à proposer un changement paradigmatique et à mobiliser le droit pour une égalité de droit et de fait des femmes au divorce. Finalement, le propos s’étendra sur une pratique féministe religieuse : l’interprétation coranique.
Auteure : RIM GTARI (CHERCHEURE MILITANTE)
3 - La révolution légale des femmes tunisiennes : un exemple inachevé de conciliation égalité et religion
La présente communication s’inscrit dans le cadre du débat qui alimente la scène tunisienne, depuis le printemps arabe, à propos de l’avenir des acquis des femmes. L’originalité de l’expérience tunisienne, en matière d’émancipation des femmes et dans le monde arabo-musulman, est qu’elle a osé toucher un domaine considéré comme relevant du sacré : il s’agit du statut personnel (le droit de la famille). Elle a démontré que l’émancipation des femmes musulmanes est non seulement possible, mais faisable. Nous sommes en face d’un véritable chantier où le respect des lois sacrées doit se conjuguer aux idées de la modernité afin de parvenir à l’égalité entre les sexes. C’est un combat continu pour concilier la religion et l’égalité des femmes. Dans la présente communication, nous souhaitons saisir les avancées et les limites de droits des femmes tunisiennes, l’appropriation des féministes tunisienne de leur cause, surtout depuis le printemps arabe, les droits des femmes dans la nouvelle constitution tunisienne (janvier 2014). La présentation est inspirée, en partie, du livre de l’auteure Rim Gtari, L’égalité des femmes en Tunisie : histoire et incertitudes d’une révolution légale, France, Presses universitaires d’Aix-Marseille, 2015.