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Animatrice : Anne Létourneau (Université du Québec à Montréal)
Titre : Penser, créer agir les féminismes dans le champ religieux - Séance 7 - Expériences féministes et religions
Résumé : -

Auteure : Mona Abbondanza (Université du Québec à Montréal)
1 - Croyances religieuses et convictions féministes : cohabitation potentielle au sein du système identitaire de l’individu.
Dans cette communication, nous explorons, par l’entremise des théories sur l’identité et le concept de soi en psychologie, la cohabitation potentielle des croyances religieuses et des convictions féministes. Les recherches récentes sur l’identité indiquent qu’il est possible pour une personne de s’identifier non seulement à des réalités sociales mais aussi à des représentations abstraites de ces réalités sociales (Deaux et al. 1995). Ces représentations abstraites forment un réseau associatif de construits supra-ordonnés qui contribue à la formation du concept du soi. Les croyances religieuses ainsi que les convictions féministes peuvent agir à titre de représentations abstraites et former, elles aussi, un réseau associatif de construits supra-ordonnés influençant la formation du concept de soi. Dans cette présentation, nous explorons, premièrement, comment l’identité abstraite se forme et comment le réseau associatif de construits supra-ordonnés se crée et contribue à la formation du concept de soi. Nous examinons par la suite, à l’aide d’exemples, comment des identités, en particulier religieuses et féministes, peuvent cohabiter de manière concordante ou conflictuelle à titre de construits supra-ordonnés et contribuer au concept de soi. Les possibilités de recherches futures sur les identités religieuses et féministes supra- ordonnées et leurs influences sur le concept de soi, sont explorées.
Auteure : Marie-Noëlle Bélanger-Lévesque (Université de Sherbrooke)
2 - L’accouchement comme expérience spirituelle pour le parent : relecture féministe d’un programme de recherche interdisciplinaire
Le groupe de recherche SPIN (SPIritualité et Naissance) travaille depuis 2009 sur la question de la spiritualité en salle de naissance, dans un travail de collaboration entre théologie et médecine. En effet, il nous semblait paradoxal qu’alors que la naissance d’un enfant ait été historiquement entourée par les rituels et croyances religieuses, que la salle de naissance contemporaine occidentale ne soit pas comprise comme un lieu d’expérience spirituelle pour les parents. S’en est suivi un programme de recherche avec méthodologie mixte : 1) une réunion scientifique multidisciplinaire pour catégoriser l’expérience spirituelle et 2) des entrevues auprès de parents afin de valider ces champs et 3) la mesure de la prévalence de ces champs dans un enquête auprès de 200 couples du CHUS. Au-delà des résultats obtenus sur la question spirituelle de la naissance, cette présentation se veut une relecture féministe de cette démarche interdisciplinaire et des défis rencontrés. En lien avec le « penser, créer, agir » féministe, je discuterai notamment comment cette recherche intègre une expérience féminise largement mis de côté sur le plan religieux et comment une relecture spirituelle de l’accouchement peut être une stratégie féministe de changement des cadres religieux et institutionnels patriarcaux. Je conclurai avec les questions qui m’habitent actuellement sur le sujet précis de ma thèse doctorale : le phénomène québécois de l’accouchement sous anesthésie épidurale et les résistances qui y sont fait.
Auteure : Élisabeth Garant (Centre justice et foi)
Le-s co-auteure-s : Asmaa Ibnouzahir (Centre justice et foi)
3 - Initier un dialogue féministe interreligieux : relecture de l’expérience du groupe Maria’M
Depuis la fin 2011, des Québécoises féministes chrétiennes et musulmanes ont amorcé un dialogue qui s’est donné le nom de Maria’M. Plusieurs initiatives de dialogue interreligieux existent un peu partout dans le monde, mais la particularité du groupe Maria’M, est d’être centré sur la question de l’égalité entre les femmes et les hommes au sein des traditions religieuses et dans la société. Ce dialogue vise à mieux connaître la tradition religieuse de l’autre et à échanger sur les défis vécus en tant que femmes chrétiennes et musulmanes ainsi que sur les stratégies de résistance à la discrimination dans chacune des deux traditions. Ce dialogue permet d’explorer des pistes de transformation religieuse et de développer une expression féministe de la vie spirituelle. Il ouvre aussi la possibilité de débattre d’enjeux présents dans le mouvement des femmes. Dans une société aux prises avec des débats répétés sur la laïcité, la « gestion » de la diversité religieuse et toujours marquée par des inégalités importantes entre les femmes et les hommes, il est nécessaire d’établir des espaces où le dialogue serein et respectueux n’est pas sacrifié sur l’autel des cotes d’écoute ou des votes politiques. Il est important que certains d’entre eux puissent permettre à des féministes croyantes de s’exprimer à partir de cette double appartenance sans avoir à exclure l’une ou l’autre. La communication proposée touche les questions relatives au volet « Agir les féminismes dans le champ religieux ». Elle sera faite par des femmes de chaque tradition participant au dialogue. Nous aborderons dans notre exposé, entre autres, les conditions pour mettre en place un dialogue féministe interreligieux fécond. Nous réfléchirons sur le défi du rapprochement des féminismes religieux en contexte occidental et de l’impact de ces initiatives sur la résistance des femmes au sein de leur tradition respective.