Détail ::::::
Animatrice : Anne Létourneau (Université du Québec à Montréal)
Titre : Penser, créer agir les féminismes dans le champ religieux - Séance 6 - Femmes, migration et religions
Résumé : -

Auteure : Karima DJENNANE HAOUCHENE (Université Paris Sorbonne)
1 - L’émergence d’un féminisme religieux en contexte migratoire: le cas de l’islam aux Etats-Unis
Le féminisme originel est un mouvement social qui s'est élevé contre les valeurs patriarcales, entre autres. C'est pourquoi féminisme et religion sont souvent considérés comme un oxymore puisque ces mêmes valeurs patriarcales ont été, au fil des siècles, véhiculées par les religions monothéistes en général. Aujourd'hui le féminisme n'est pas nécessairement antagonique à la religion ; il peut être aussi bien religieux que séculier. Le féminisme, y compris "le féminisme militant" a joué et continue de jouer un rôle prépondérant non seulement dans la féminisation des Eglises chrétiennes, mais également des religions transplantées aux Etats-Unis aujourd'hui, qu'il s'agisse du judaïsme réformé, du bouddhisme ou de l'islam, entre autres. C'est à cette dernière religion que nous nous intéresserons plus particulièrement. Nous nous proposons de mener une réflexion sur le lien existant entre le féminisme et la religion musulmane aux Etats-Unis aujourd’hui. Il conviendra d'analyser l’impact que le féminisme américain a pu avoir sur le processus de féminisation de l'islam, et de revenir brièvement sur les facteurs ayant contribué à la féminisation progressive de cette religion aux Etats-Unis. En effet, dans l’histoire américaine, la reconnaissance des femmes et la féminisation de la religion et du clergé dans les dénominations protestantes ont été des processus longs et progressifs. Cette féminisation s'est caractérisée notamment par une participation accrue des femmes au sein des institutions religieuses aussi bien en tant que fidèles, actrices ou encore "leaders" religieux. C'est également le cas de l'islam aux Etats-Unis aujourd'hui.
Auteure : Aurélien Mokoko Gampiot (CNRS Paris, France)
2 - Être Kimbanguiste et agir au féminin en contexte migratoire
Le Kimbanguisme, une des Eglises africaines indépendantes les plus importantes, naquit dans les années 1920 en Afrique noire, son fondateur Simon Kimbangu prônant une théologie de libération noire face à l’oppression coloniale établie au Congo belge, au Congo français et en Angola. Au travers du mouvement politico-religieux qui conduisit aux indépendances africaines, les figures féminines du mouvement (Marie Muilu, Michaelle Mandombe, etc.) ont joué un rôle considérable aux côtés du fondateur, notamment dans la naissance officielle de l’Eglise kimbanguiste. L’Eglise Kimbanguiste comprend depuis les années 1970 une forte diaspora en Europe et aux Amériques, offrant un exemple d’expression et d’adaptation des communautés venues d’Afrique dans les sociétés occidentales. Avec un discours panafricaniste hérité de la situation coloniale, l’église kimbanguiste propose un mode de croire, des principes et des commandements qui marquent diversement les rapports de genre. Etre une femme kimbanguiste dans ce contexte migratoire, c’est vivre à cheval entre deux systèmes de valeurs, réglés, l’un par les normes religieuses et les traditions sociales issues des pays d’origine, et l’autre par des normes socialement établies en Occident. Comment s’expriment les rapports de genre au sein de la communauté kimbanguiste et dans les sociétés d’installation? Il est question dans cette communication de montrer comment interagissent les deux systèmes de valeurs dans l’agir au féminin.
Auteure : Marie-Andrée Roy (UQAM)
3 - Outils pour un dialogue féministe en contexte de pluralisme religieux
Cette communication vise à présenter un nouvel outil mis en place pour soutenir un dialogue et des interventions féministes qui tiennent compte du pluralisme des croyances et des valeurs qui prévaut dans la société québécoise. Né d’une recherche subventionnée par le Conseil de la recherche en sciences humaines du Canada sur « Diversité religieuse et solidarités féministes, il répond a un besoin exprimé par des groupes qui travaillent avec des femmes de différentes origines pour qui l’appartenance religieuse joue assez fréquemment un rôle significatif dans la définition de la vision du monde et des rapports entre les sexes. Cet outil propose une connaissance ouverte mais sans complaisance des traditions religieuses, de la place des femmes au sein de ces traditions et des lectures féministes qui s’y développent. Cet outil est composé de sept fiches qui présentent chacune une tradition religieuse ou spirituelle : le judaïsme, le christianisme, l’islam, l’hindouisme, le bouddhisme, le sikhisme et les spiritualités autochtones. Dans le cadre de cette communication je fournirai quelques données sur l’état actuel de la diversité religieuse au Québec, j’introduirai les deux premières fiches publiées sur le web, celle sur le bouddhisme et celle sur l’hindouisme, et je parlerai du rôle du partenariat entre les chercheures universitaires, Relais-femmes et les militantes et intervenantes du mouvement des femmes pour produire un outil de mobilisation des connaissances accessible et pertinent.