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Titre : Une société en transition : l’émergence des recherches et militances trans* et intersexes dans les espaces francophones contemporains - Séance 3 - Transphobies et pratiques de résistance
Résumé : -

Auteure : Clark Pignedoli (Université du Québec à Montréal)
1 - Pratiques Drag King et narrations trans*
Notre présentation souhaite aborder les ateliers Drag King en tant qu’espaces d’expérimentation collective autours du corps, des genres et des sexualités dans lesquels les personnes s’auto-identifiant comme trans* peuvent déconstruire les masculinités sociales dominantes et explorer leurs propres masculinités de manière sécuritaire. Les pratiques Drag King sont apparues dans les années 1980 et 1990 au croisement de différentes expériences et discours émergents dont font partie l’affirmation des mouvements queer, trans*, intersexes et des féminismes post-identitaires ainsi que leur utilisation maximale des ressources politiques de la production performative. En ces termes, Paul B. Preciado parle du Drag King comme une des « pratiques camp » destinée à « créer une espace de visibilité propre à la culture pédé, gouine et trans* » à travers le recyclage et, parfois, la déclinaison parodique des modèles des masculinités pop dominantes (Preciado, 2003). En nous appuyant sur des archives francophones composées à la fois par des autoproductions militantes (zines, blog, capsules vidéo) et des recherches universitaires engagées (Preciado, 2008 ; Bourcier, 2011 ; Greco, 2014), nous ancrerons l’émergence de cette pratique performative en tant que prolifération des micropolitiques sexuelles et des savoirs trans* et queer et que prise de parole de ces communautés.
Auteure : William Hébert (Université de Toronto)
2 - La place des détenu.e.s trans* dans l’élaboration de projets de changement social: Discours, revendications et initiatives
Dans divers contextes nationaux, les personnes trans* sont à risque de faire l’expérience de multiples formes de discrimination et de violence. Elles sont aussi surreprésentées dans les taux d’arrestation, de judiciarisation et d’incarcération. Lorsqu’elles se retrouvent en détention, les personnes trans* sont de plus vulnérables à la victimisation et à la négligence. De ce fait, les personnes trans*, et en particulier les détenu.e.s trans*, sont de plus en plus reconnu.e.s par l’État comme une population nécessitant des protections spécifiques et des soins et services particuliers. Ces personnes sont par contre aussi invoquées et incluses dans des mouvements sociaux qui ont pour but de réformer, voire même d’abolir les institutions étatiques comme les prisons. Les détenu.e.s trans* deviennent donc un groupe pouvant figurer au premier plan, ou au contraire contester, les stratégies « homonationalistes » visant la reconnaissance de l’État et leur inclusion au sein d’institutions. Basée sur de la recherche de terrain préliminaire au Canada ainsi que sur des données comparatives dans d’autres contextes nationaux, cette présentation se centre sur le/la détenu.e. trans* en tant que sujet faisant l’expérience de la violence relative à la détention, mais qui devient aussi une idéalisation inspirant l’élaboration de politiques et de projets de changement social. Elle vise à identifier les valeurs qui émergent des discours formulés et des tactiques déployées par l’État ainsi que par divers acteurs qui veulent s’établir en tant qu’autorité sur les besoins et expériences des personnes trans* vivant dans la précarité.
Auteure : Elizabeth Parenteau (UQAM)
3 - Les interactions sociales des personnes trans avec la direction dans leur milieu de travail
La présente étude explore les expériences des personnes trans (transsexuelles, transgenres) qui poursuivent un processus de transition de genre tout en demeurant dans le même environnement professionnel. Plus précisément, elle s’intéresse aux interactions sociales des personnes trans avec leur entourage de travail suite à cette transition. Afin de documenter ces éléments, des entrevues semi-dirigées ont été menées auprès de 12 personnes trans, de 27 à 61 ans, ayant effectué une transition dans leur milieu de travail au cours des cinq dernières années. Les propos recueillis ont été codés à l’aide du logiciel d’analyse qualitative NVivo. Lors de cette étude, tous les participants occupaient des emplois où ils étaient en interaction avec un ou plusieurs collègues. L ’analyse démontre que les 12 participants ont affirmé avoir eu au moins une interaction positive avec l’un de leurs collègues. Dans l’ensemble, ces interactions étaient multiples et variées, incluant des paroles ou des gestes significatifs, de nouvelles amitiés. Toutefois, 11 interviewés rapportent aussi des interactions négatives avec certains de leurs collègues, principalement sous forme de discrimination directe et indirecte. Une majorité (7) ont pris conscience du commérage les concernant. Cette étude peut contribuer à mieux informer les milieux de travail et les instances gouvernementales sur les enjeux liés à la transition et les façons de mieux soutenir les personnes trans dans leur milieu de travail.