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Titre : Le système carcéral canadien pour femmes. Enjeux théoriques, politiques et pratiques: d'intervention et de résistances
Résumé : Avec: - Geneviève Vaillancourt, candidate à la maîtrise en sociologie, concentration en études féministes, Université du Québec à Montréal - Lysandre Bourgouin, ancienne intervenante communautaire, Maison Thérèse Casgrain, Montréal - Vanessa L’écuyer, candidate à la maîtrise en sociologie, concentration en études féministes, Université du Québec à Montréal Nous amorcerons par une présentation magistrale du contexte actuel, dont les événements qui ont mené à des réformes au système d’incarcération pour femmes au niveau fédéral et les questions de l’introduction de méthodes de gestion néolibérales. Cette réflexion se fera à partir des travaux de Foucault (1976 et 1993), sur les fonctions de la prison dans la société capitaliste, et de Davis (2003), qui avance l’hypothèse de la mise sur pied d’un complexe carcéro-industriel aux États-Unis. La théorie foucaldienne ne tient pas compte de l'insertion à l'intérieur comme à l'extérieur de la prison des individus à l’ensemble des rapports sociaux de pouvoir, dont ceux de sexe et de race. Davis, pour sa part, effectue ce tour de force. En tenant compte des spécificités du contexte canadien, cette communication propose d'envisager le système carcéral au croisement du capitalisme, du patriarcat et du colonialisme. Pour ce faire, notre angle d'analyse empruntera les concepts de consubstantialité et co-extensivité des rapports sociaux de Kergoat (2012). Nous défendrons également la thèse selon laquelle l'emprisonnement des femmes serait une des configurations de l'appropriation de leur corps dans le sexage (Guillaumin, 1992, Laurin-Frenette et Danielle Juteau, 1988 et 1997). Ces discussions prendront l’angle d’entrée du passage et du vécu des femmes dans le système carcéral. Nous nous attarderons dans un premier temps à l'étude du profil sociologique de ces femmes, la nature des infractions ainsi que leur mode de participation au crime. Nous verrons dans un deuxième temps comment s'opérationnalisent le contrôle des corps et le biopouvoir dans le système carcéral pour femmes canadien. Dans un troisième temps, il sera proposé de réfléchir aux formes de division du travail auxquelles participent les femmes incarcérées, enjeux des rapports de pouvoir. En nous intéressant aux pratiques de résistance développées par les femmes judiciarisées, nous nous demanderons comment se solidariser avec leurs pratiques de résistances dans un contexte d'intervention afin d'ouvrir des pistes de réflexion par rapport au travail d'intervention féministe dans les centres résidentiels communautaires. Pour finir, nous lancerons une réflexion critique sur les réformes et alternatives au système carcéral sous forme de questions-réponses.