Détail ::::::
Animatrice : David Risse (UQAM)
Titre : Résistances féministes et nouvelles normativités : espaces touchés, milieux mobilisés - Séance 2
Résumé : -

Auteure : Natacha Chetcuti-Osorovitz (GTM/CRESPPA)
1 - Usages de l’espace public et lesbianisme : sanctions sociales et contournements
Partant d’une enquête sociologique menée entre 2010 et 2012 en France, cette intervention se propose de rendre compte des réactions sociales face à des comportements qui signifient publiquement une relation lesbienne (s’embrasser, se serrer dans les bras, se tenir par la main) dans l’espace public. La notion d’espace public sera ici entendue comme espace d’interactions – dans des quartiers d’habitation, les transports, les lieux investis ou non en fonction de l’identité sexuelle – où les normes de genre et de sexualité sont mises à l’épreuve selon les contrastes de temporalité (diurne et nocturne). L’analyse des réactions sociales face à ces usages de l’espace public sera au centre de l’analyse des pratiques ainsi mise en lumières.
Auteure : Lilia Goldfarb (Y des femmes de Montréal - RéQEF)
2 - Capitalisme et pornographisation : le travail auprès des filles dans un nouveau contexte normatif
Au XXIème siècle le phénomène de pornographisation sociale est bien ancré dans le néo-capitalisme. Une des caractéristiques de ce système est la banalisation de la marchandisation des rapports sociaux et de genre. Comment les filles évoluent-elles dans les nouveaux rapports de domination crées dans ce contexte? Comment créer avec elles des espaces sécuritaires d’expression, d’affirmation de soi et de contestation?
Auteure : Andréane Brillant-Poirier (Fondation filles d'action)
3 - Résistance aux inégalités de genre à travers une programmation spécifique aux filles axée sur le renforcement du pouvoir d’agir
Lors de cette communication, nous présenterons l’approche de la Fondation filles d’action dans sa programmation spécifique aux filles. Depuis vingt ans, Filles d’action travaille avec et pour les filles au Canada, en utilisant une approche féministe intersectionnelle et d’éducation populaire dans ses programmes spécifiques aux filles. Les programmes développés par Filles d’action visent à résister aux discours dominants et inégalitaires sur le genre à travers la promotion du renforcement du pouvoir d’agir et du leadership chez les filles provenant de communautés dites marginalisées, tout en étant inclusif de la diversité des filles et des communautés auxquelles elles appartiennent. Devant toujours répondre à la question « Pourquoi les filles? », nous présenterons des faits sur la nécessité de faire ce travail spécifique aux filles au Canada. Nous partagerons aussi nos apprentissages sur ce type de programmation, et des outils que nous avons développé et que nous utilisons dans nos interventions.
Auteure : Audrey Jahu (Impactum)
4 - Quand le rose tire encore au gris Les inégalités socio-économiques derrière l’émancipation professionnelle des femmes au Québec
Notre intervention sur la question de l’égalité des femmes dans la société, notamment sur les inégalités socio-économiques derrière l’émancipation professionnelle des femmes au Québec, a été motivée par une préoccupation principale : l’état actuel des pratiques en travail social au Québec. Malgré les progrès qu'ont amenés les grandes luttes féministes des vingt dernières années, la majorité des femmes sont encore privées des ressources nécessaires pour être accomplies et épanouies dans leur carrière. Tout ceci dans un contexte idéologique où elles reçoivent des messages de plus en plus contradictoires. D'un côté, elles sont incitées à l'expression d'elles-mêmes et à l'affirmation de leur émancipation en milieu professionnel et d'un autre côté, elles se retrouvent confinées aux inégalités patriarcales où elles sont contraintes d'occuper seulement une position subordonnée ou réduite dans leur milieu de travail. Il est indéniable qu'il existe une opposition sourde ou explicite des hommes à voir les femmes gravir les échelons d'un métier. On explique l’impossibilité de gravir les échelons d'un métier ou d'une profession aux femmes elles-mêmes. « les femmes sont les premières responsables, elles sont les premières à se mettre en situation d’inégalité ». L'inégalité professionnelle vient de la contradiction entre les images que les sociétés antérieures ont véhiculées des femmes et les situations nouvelles créées par la transformation des structures sociales. Compte tenu de ce fait, nous nous demanderons comment les femmes peuvent-elles se libérer du double standard sexuel, des injustices sociales et économiques que leur impose la société patriarcale, en vue de jouir d'une réelle émancipation professionnelle dans leur carrière.