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Titre : Mondialisation, prostitution et pornographie : les nouvelles générations féministes résistent et agissent ! - Séance 2
Résumé : -

Auteure : Shanie Roy (survivante-militante au Collectif d'aide aux femmes exploitées sexuellement (CAFES) et intervenante)
1 - Pornographie/prostitution : rapports de classes, idéologie néolibérale et backlash anti-abolitionniste. La place des survivantes de l’exploitation sexuelle au sein des gauches."
Concourant au développement et à la fixation des systèmes de sexe, de race et de classe, le néolibéralisme sert d’ancrage au discours faisant miroiter la libéralisation et la professionnalisation de la prostitution. La matérialisation de cette idéologie conjuguée aux rapports de classes donne lieu à un backlash anti-abolitionniste. Présent dans les milieux de gauche, cette réaction vise directement les survivantes de l’exploitation sexuelle, entravant ainsi leur militance et plus généralement les luttes abolitionnistes.
Auteure : Cherry Smiley (Association des femmes autochtones du Canada)
2 - Néocolonialisme, néolibéralisme et patriarcat : jeunes femmes autochtones pour l'abolition de la prostitution
La position de l’AFAC est que la prostitution exploite les femmes et les jeunes femmes autochtones, et accroît les inégalités en fonction du sexe, de la race, de l’âge, de l’handicap et de la pauvreté. La prostitution n’est pas une activité traditionnelle des femmes autochtones. L’État a tenté d’éloigner les femmes de nos communautés, de nos enfants, de notre langue et de notre culture. Tous ces incidents contribuent à la rupture, infligée par la prostitution, que les femmes subissent par rapport à leurs propres corps et à leur sexualité. Les femmes autochtones sont largement surreprésentées dans le milieu de la prostitution et parmi les prostituées assassinées. Diviser les prostituées entre celles qui « choisissent » et celles qui sont « forcées » de se prostituer n’aide en rien. Dans la plupart des cas, les femmes autochtones viennent à la prostitution alors qu’elles sont de très jeunes femmes ou à cause de la pauvreté ou de la violence. C’est l’industrie du sexe qui encourage les femmes à voir la prostitution comme une identité choisie.
Auteure : Fatima-Ezzahra Benomar (les efFRONTé-e-s)
3 - Nouvelles modalités de campagne/plaidoyer par les jeunes féministes abolitionnistes
Notre génération est entrée dans le monde du travail à un moment de précarité généralisé des jeunes en France : petits boulots, CDD, interim, sans accès à des CDI et un logement stable. Moi-même, je vis en squat. Cette situation expose les jeunes femmes à la double peine de la pauvreté et des propositions prostitutionnelles des bailleurs ou employeurs. Elle facilite l'entrée dans le système prostitueur quand, acculées, les jeunes filles se convainquent de se prostituer ponctuellement. Le tout dans un contexte de libéralisme qui attaque l'idée de protéger les plus faibles par la loi, sous prétexte qu'on entrave la liberté individuelle des galérien-ne-s volontaires. Les jeunes sont statistiquement concerné-e-s : l'âge moyen d'entrée dans le système prostitueur est de 14 ans, et la jeunesse est un argument de vente sur le marché prostitutionnel. Via internet, il atteint de nouvelles proies. Via les lobbys réglementaristes, il se répand à l'université, dans des colloques prônant le travail du sexe et des services sexuels apportés aux personnes en situation de handicap, et dans l'espace public via l'érotisation des violences sexuelles, l'envahissement publicitaire et la pornographie. De la propagande du matin au soir. Dans ce contexte, nous avons décidé d’agir, d’une nouvelle manière : en ralliant les jeunes de différents secteurs, et autour d’actions nouvelles et dynamiques. Le groupe des Jeunes pour l'abolition comprend huit organisations de jeunesse, deux associations féministes (OLF, les efFRONTé-e-s), un syndicat étudiant (UNEF), un syndicat lycéen (UNL), une mutuelle de santé (LMDE), et des organisations politiques de jeunes (MJS, JC, UEC). Nous avons lancé un appel le 23 septembre 2013 signé par 1000 jeunes, avons organisé plusieurs conférences du Tour de France de l’abolition dans une quinzaine de villes, et réalisé un court métrage mettant en scène une école qui recommande à une étudiante un « BEP fellation » pour illustrer par l’absurde l'idée que la prostitution serait un métier. Nous avons donc allié supports politiques, militants, créatifs, mais aussi présence dynamique sur les réseaux sociaux.