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Titre : Développement international: genre, femmes, féminismes - Séance 1 - État des lieux sur les perspectives féministes en développement international
Résumé : Responsables : Charmain Levy Professeure agrégée en développement international Département des Sciences sociales Université du Québec en Outaouais Huguette Dagenais Professeure retraitée Département d’Anthropologie Université Laval Animation : Marie Fall Professeure Responsable du Laboratoire d'Études et de Recherches Appliquées sur l'Afrique Département des sciences humaines Université du Québec à Chicoutimi Résumé: Depuis les années 1970 les perspectives féministes ont contribué de manière substantielle aux théories et pratiques en développement international. Marginalisées par les grandes théories (de la modernisation, de la dépendance, etc.) jusqu’aux années 1980, les perspectives féministes se répandent à partir des années 1990, se diversifient et sont reprises par les grandes institutions de développement. Pendant cette période, une nouvelle génération de féministes du Sud critique le modèle dominant de développement proposant d’intégrer les femmes. À titre d’exemple, les critiques du groupe DAWN (Development Alternatives for Women in a New Era) de New Delhi marquent le début d’une véritable approche féministe du développement. Pendant les décennies 1990 et 2000, plusieurs idées et pratiques ont été intégrées dans les programmes des grands bailleurs de fonds; elles ont constitué le « fonds de commerce » du mainstreaming féministe à l’échelle internationale. Par exemple, des économistes de la Banque Mondiale et certains bailleurs de fonds de pays du Nord ont proposé des solutions de marché ou institutionnelles pour s’attaquer aux inégalités et promouvoir l’empowerment des femmes. De nouvelles pratiques ont émergé au sein des ONG et praticien/nes alternatifs du Sud en milieu urbain et rural. Celles-ci misent plutôt sur le pouvoir d’agir et la capacité changer et de définir de nouvelles idées autour du développement pouvant être appropriées par des femmes de toutes les origines et ancrages. Dans ce panel, nous ferons le point sur l’adoption de l’approche féministe par les théoricien/nes et praticien/nes du développement rattachés aux courants et institutions dominantes. Il s’agira également d’évaluer si et comment de nouvelles pratiques féministes ont été théorisées dans les deux dernières décennies. Enfin, nous tenterons de comprendre le rôle actuel les perspectives féministes dans les débats en développement international : ont-elles réussi à réduire les inégalités hommes-femmes en développement international et si oui, comment?

Auteure : Denise Piché (Université Laval)
1 - Participation, empowerment et développement : retour sur des termes toujours à la mode, à la lumière de l’expérience des femmes pauvres des quartiers informels de la périphérie dakaroise
Avec Émilie Pinard École d’architecture, Université Laval Les études du développement sont friandes des nouveaux mots soit pour lancer une nouvelle approche, soit pour remettre au goût du jour de vieilles pratiques. Il en est qui sont cependant très résistants, comme les notions de participation, d’empowerment et de développement, qui se retrouvent au répertoire des mots à la mode déconstruits dans le numéro spécial de la revue Development in Practice de 2007 sur « Buzzwords and fuzzwords : deconstructing development discourse ». Cette présentation « revisitera » ces notions d’un point de vue féministe, et plus particulièrement du point de vue de l’expérience des femmes pauvres des quartiers informels africains : que peuvent signifier ces idées dans et pour leur expérience quotidienne?
Auteure : Marie France Labrecque (Université Laval)
2 - Mettre en pratique l'analyse comparative entre les sexes dans un contexte multidisciplinaire: limites et possibilités
Même s’il y a profusion de publications et de guides sur l’analyse comparative entre les sexes dans le domaine du développement, les expériences menées dans le sillage de cette dynamique sont toujours uniques. Elles le sont à plus forte raison lorsque les différents acteurs et actrices d’un projet, tant les chercheurs, les intervenants que la population avec laquelle ces derniers travaillent, appartiennent à des contextes très différents sur les plans économique, politique, culturel et académique. Les degrés d’intérêt et d’engagement des uns et des autres pour l’analyse comparative entre les sexes et son pendant logique, la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes varient considérablement. La question qui se pose dès lors au sein d’un projet promu à partir d’un pays comme le Canada qui adhère au principe de l’égalité entre les femmes et les hommes est comment travailler au sein de l’équipe et avec la population sans bousculer les uns et les autres? C’est à cette question que nous tenterons de répondre en examinant les principes méthodologiques qui ont servi de balises à l’analyse comparative entre les sexes que j’ai supervisée au sein du projet « Accroître la sécurité alimentaire par la pratique de l’agroforesterie au Mali » financé de 2010 à 2014 par le Fonds canadien de recherche sur la sécurité alimentaire internationale.
Auteure : Charmain Levy (UQO)
3 - L’engendrement du développement: Un survol de 20 ans de progrès et défis de théorisation et de pratiques féministes en études de développement international
En 1994, Dagenais et Piché ont publié le recueil de textes « Femmes, Féminisme et développement » pour élucider l’apport de l’analyse et l’action féministe au développement depuis les années 1970. Cette communication s’inspire de cette publication remarquable et vise faire l’état des lieux des apports féministes au développement depuis 20 ans. Notre objectif est d’identifier les principales approches et tendances féministes et reconnaître leurs contributions aux études du développement international. Plusieurs avances féministes ont été identifiées, notamment l’approche de l’économie politique radicale qui questionne le modèle idéologique néolibéral et ses différentes conséquences néfastes sur les femmes du Sud. On emploie une analyse critique et féministe des systèmes de production et échange ainsi que de la gouvernance genrée. La conception de la reproduction sociale comprend la centralité des différents types du travail domestique pour la durabilité de la force du travail. Toujours dans une perspective macro, les écoféministes interrogent les politiques de la modernisation et le paradigme du modernisme. Aujourd’hui nous parlons plutôt des féminismes qui comprennent des analyses à partir de perspectives de race, de religion, d’orientation sexuelle et de classe. L’approche du féminisme postcolonial critiquent l’eurocentrisme des approches précédentes qui avaient tendance à généraliser la subordination des femmes en assumant qu’elles constituaient un groupe uni et cohérent. Au niveau de l’action collective féministe nous observons trois tendances fortes. La première vers l’institutionnalisation qui comprend le féminisme de l’état et la gouvernance genrée au niveau national et international; la seconde comprend les actions autonomistes dans des communautés urbaines et rurales dans le Sud; et la troisième qui est intermédiaire construisant des coalitions et alliances entre différents niveaux et milieux.