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Animatrice : Lydia ROUAMBA (Institut des Sciences des Sociétés (INSS/CNRST))
Titre : 511 - Penser et agir la participation citoyenne sur le continent africain
Résumé : -

Auteure : Pacome Cyrille Guiraud (Universite Felix Houphouet Boigny - Abidjan Cocody)
1 - L'engagement associatif des femmes en Côte d'Ivoire : une avancée vers l'égalité des chances et la parité
La genèse sociale de l'engagement associatif féminin ivoirien s'observe à travers la mise en place du dispositif international et national d'inclusion de la femme dans les structures sociales pour penser le développement social et économique. Les exigences des idéologies féministes et leur implication dans les politiques nationales vont favoriser la participation socio-politique et économique des femmes ivoiriennes en regroupement pour négocier des espaces de pouvoir. Ainsi, les associations féminines montrent-elles les enjeux de l'engagement des leaders féminins. Car reléguées au plan de la sphère privée par les préjugés socio-idéologiques, les femmes par la création et la participation associative accèdent à l'espace public et y développent des stratégies de maintien. Elles compétissent désormais dans les mêmes domaines que les hommes pour présenter leurs besoins spécifiques en termes de recherche d'équité sociale, d'égalité dans l'accès aux ressources sociales d'affirmation et de construction identitaire. Pour ce faire, elles s'inscrivent dans les domaines de l'entrepreneuriat social, la défense des droits humains, les regroupements économiques de production et de commercialisation de produits vivriers. Il convient de souligner que toutes ces formes d'engagement associatif visent l'autonomisation sociale ou la capacitation sociale. En conséquence, les associations féminines se présentent comme des espaces sociaux de reconversion sociale et/ou de revendication pour contribuer à l'atteinte des objectifs ou des recommandations des traités internationaux et régionaux que la Côte d'Ivoire a ratifiés en vue de réduire les inégalités sociales entre les hommes et les femmes. Cette communication va présenter les formes d'engagement associatif et les pratiques afférentes ainsi que la trajectoire socio-professionnelle des dirigeantes en rapport avec leur engagement associatif.
Auteure : Lydia ROUAMBA (Institut des Sciences des Sociétés (INSS/CNRST))
2 - La citoyenneté des femmes au Burkina Faso : Quel impact de la loi sur les quotas ?
Le 16 avril 2009, l’Assemblée Nationale du Burkina Faso a adopté une loi qui fixe un quota de 30% au profit de l’un et de l’autre sexe aux élections législatives et municipales. Cette loi a suscité un grand espoir chez nombre d’acteurs de la scène nationale, et les élections couplées de décembre 2012 ont offert l’opportunité de l’expérimenter. Le constat, cependant, est que les résultats obtenus sont mitigés. En effet, si le nombre de députées est passé de 17 à 24, le nombre d’élues locales, lui, a considérablement diminué dans les communes, passant de 6400 en 2006 à 3864 en 2012. Qu’est-ce qui explique ces résultats? Quelle lecture a été faite de la loi? Comment faire pour accroître la participation effective des femmes dans les instances de décision? Par cette communication, je me propose d’analyser les conditions d’application de la loi ainsi que les résultats qui ont été obtenus.
Auteure : KHEIRA MAÏNI (UNIVERSITE ALGER 2)
Le-s co-auteure-s : Fatima Amro (Radio France Internationale)
3 - Les associations féminines pour les droits des femmes
Les associations de femmes pour leurs droits, nées au lendemain des événements d’Octobre 1988 en Algérie, ont constitué la frange la plus visible, et la plus active du mouvement social de l’époque. L’ampleur prise par le mouvement des femmes dénote d’un phénomène relativement nouveau tant au niveau du contenu (références et revendications), que de la forme (initiatives et actions). Les années 1989 et 1990 ont été marquées par d’intenses activités féminines, riches et diverses. De larges débats sur les questions des droits des femmes et du code de la famille, jusque là timidement abordés, ont occupé l’espace public. Avec le terrorisme, ce mouvement s ‘est trouvé au devant de la lutte anti-terroriste, anti-intégriste et de la solidarité avec les familles des victimes du terrorisme. A partir de 1995, un recentrage a été opéré en vue de la construction d’un mouvement des femmes et pour les femmes, dans le cadre de problématiques de femmes. Aujourd’hui, ce mouvement est incontournable.
Auteure : Max Zachée Saintclair MBIDA ONAMBELE (UNIVERSITE DE BUEA)
4 - Genre au travail et repli identitaire au Cameroun: Analyse compréhensive et intersectionnelle du comportement des femmes "anglophones" face à la trésistance du personnel de l'université de Buea à l'arrivée des enseignant-s "francophones" en décembre 2011
La société camerounaise est structurée autour d’un double complexe sociohistorique (Gérard Noiriel, 2006) dont le capital symbolique se constitue des héritages acquis des suites de la Première Guerre Mondiale et de la défaite de l’Allemagne. Confié dans un premier temps aux régimes internationaux du mandat puis à celui de la tutelle conjoints de la France et de la Grande-Bretagne, l’Etat qui devient indépendant en 1960 et qui se reconstitue en 1972 évoluera dans la dynamique autant collaborative que conflictuelle de la cohabitation des symboliques dites « francophones » et « anglophones » qui revendiquent chacune une spécificité culturelle et une région identitaire. Les femmes, et la problématique du genre dont l’ampleur se précise avec l’histoire politique et s’émancipe avec les transitions démocratiques des années 1990, occupent le cœur du débat identitaire et l’alimentent par leur rôle central dans le processus de sociopolitisation des masses. C’est dans cette optique que nous suggérons d’analyser, à partir du modèle wébérien de l’analyse compréhensive (Julien Freund, 1966) et l’approche de l’intersectionnalité (Kimberley Crenshaw, 1991 ; 2000), comment les femmes de l’université de Buea se sont positionnées au regard de leur double identité sociale d’« anglophones » et d’enseignantes et responsables administratifs, en sus des réalités contrariantes relatives à la problématique du genre au travail, dans l’affrontement des symboliques identitaristes consécutives à la résistance et au rejet, par la communauté « anglophone » de cette institution universitaire, de la décision gouvernementale d’affecter des enseignants d’origine et de culture « francophone » dans un environnement dont ils revendiquent le primat et l’exceptionnalité « anglo-saxons ».