Détail ::::::
Animatrice : Sonia Maria Giacomini (Université Catholique Pontificale de Rio de Janeiro-PUC-Rio)
Titre : 518 – Penser le territoire
Résumé : -

Auteure : Fatima Khemilat (Sciences po Aix en Provence)
1 - Territorialisation des discriminations et exclusion des prostituées et femmes voilées des espaces publics locaux et médiatico-politiques : mort et résurrection des « féminités impures »
Les figures de femmes musulmanes voilées et de prostituées cristallisent les tensions et l’interpénétration des processus de racialisation du religieux et d’ethnicisation de ce qui est présenté comme des « déviances sexuelles » tout en y agrégeant une autre donnée, liée mais autonome, celle du genre. Il semblerait en outre qu’il subsiste encore aujourd’hui des points aveugles au sein des « gender studies » concernant notamment l’imbrication, la concaténation des logiques d’exclusion des femmes voilées et des travailleuses du sexe des espaces publics qui procède en réalité des mêmes logiques. Ces dernières « trop soumises par leur état », c'est-à-dire par la domination masculine exercée par le biais de la sexualité ou de la religion, se voient entacher du discrédit de la « violence symbolique », déposséder de leur droit à s'exprimer et spolier de celui d'être représentées au sein des mouvements féministes ou simplement d’être visibles dans l’espace public. Il y a alors diabolisation et « femellisation » de ces « corps d'exception » du fait de leur « visibilité coupable ». Cette redéfinition de l’espace public se matérialise notamment dans les projets de « gentrification », ou d’épuration visuelle des figures impures de féminité que sont les « femmes interdites » dans les centres villes. Quand d'autre part, leur réhabilitation est possible mais conditionnée par leur victimisation, leur minorisation, leur altérisation raciale mais surtout circonscrite à certains espaces, les banlieues ou autres « red light disctricts ». Elles passent ainsi de l'état de sujet propre avec une personnalité juridique, à l'état d'objet mis sous tutelle, dont les ressorts de la domination s'articuleraient dans un jeu d’équilibriste entre le sexisme et le racisme, érigeant une forme d’oppression inédite, celle du « racisme respectable ».
Auteure : Sonia Maria Giacomini (Université Catholique Pontificale de Rio de Janeiro-PUC-Rio)
2 - Représentation des femmes dans l`espace public au Brésil: Le Secretariat Spécial des Poliques pour les Femmes- SEPM- et la formulation de politiques publiques
Cette communication est dédiée à l`analyse des délibérations et décisions prises par le Secrétariat Spécial de Politiques pour les Femmes – crée en 2003 par le gouvernement Lula et qui, en 2011, a été lié à la Présidence de la République du Brésil – ainsi qu’à l’analyse du profil des femmes qui y participent comme des conseillères– âge, appartenance ethnique, racial, religieuse et socioéconomique. Une comparaison sera faite entre l`agenda de travail de ce Secrétariat et la consultation menée par le Conseil National des Droits des Femmes – CNDM - avec comme points de repère les éventuels changements qualitatifs et quantitatifs des mesures qui ont touché les délibérations concernant surtout des droits reproductifs, l´autonomie corporelle et sexuelle et le travail des femmes. Ceci nous permettra de problématiser et de nous approcher des conceptions associées à la “participation sociale”, mot d`ordre et politique gouvernemental du PT, en particulier en ce qui concerne les femmes. La question qui se pose est la suivante: Y-a-t’ il eu un approche politique spécifique, une attention spéciale, au sujet des femmes dans le gouvernement du PT, ou les femmes sont-elles traitées également aux autres catégories sociales (noirs, peuples originaux, classe ouvrière, etc)?
Auteure : Chantal Bayard (Université d'Ottawa)
3 - Corps, normes et résistance: l'exemple de l'allaitement maternel dans l'espace public
Avec Phyllis Rippeyoung, Université d’Ottawa L’allaitement maternel dans l’espace public est représenté de multiples façons dans les médias. D’une part, l’expérience de femmes ayant été expulsées d’un lieu public parce qu’elles allaitent leur enfant est régulièrement rapportée par ceux-ci. D’autre part, des mères allaitantes sont glorifiées sur la première page de magazines féminins, comme Glamour et Elle Australia, ou encore, comme Mahée Paiement, dans une campagne gouvernementale de promotion de l’allaitement. Enfin, d’autres mères suscitent l’intérêt des médias parce qu’elles se mobilisent, sous la forme de regroupement de types « d’allaite-in » ou encore via les médias sociaux par l’entremise de Brelfies (ego-portrait de mères qui allaitent), pour faire valoir leur droit d’allaiter n'importe où, n'importe quand. À partir d'exemples récents, nous discuterons, dans un premier temps, les similarités et les dissemblances de ces représentations, en nous attardant principalement aux normes sociales relatives au corps. Dans un deuxième temps, nous verrons comment ces représentations sont considérées dans les médias comme des formes de résistance.