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Animatrice : Andrée-Anne Lacasse (Conseil du statut de la femme)
Titre : 519 - Penser l’égalité au travail et le leadership (
Résumé : -

Auteure : Andrée-Anne Lacasse (Conseil du statut de la femme)
1 - Femmes et politique : Socialisation politique et articulation vie personnelle et vie professionnelle
Alors que le Québec faisait relativement bonne figure sur la scène internationale en matière de représentation politique féminine entre 1998 et 2013, cela n’est plus le cas aujourd’hui. En 1998, même si la province comptait un nombre moins élevé d’élues qu’en 2014, elle occupait une meilleure position internationale (le 15e rang mondial) qu’aujourd’hui (44e rang) (calculs effectués à partir des données de l’UIP). Parallèlement à une certaine stagnation du nombre et du taux d’élues au Québec, des avancées majeures ont été observées dans d’autres régions du monde. Les mesures permettant d’augmenter la représentation politique des femmes ont un meilleur impact si elles tiennent compte des divers facteurs qui favorisent ou entravent la participation politique des femmes (DGEQ, 2014). Dans le cadre du projet de recherche Femmes et politique, le Conseil du statut de la femme explore deux éléments étroitement liés à cette question : l’articulation entre la vie personnelle et la vie professionnelle et la socialisation politique des femmes au Québec, identifiées comme deux des principaux obstacles à l’engagement politique des femmes (UIP, 2010 ; SCF, 2010 ; Tremblay et Pelletier, 1995 ; Lawless et Fox, 2013). Ce projet, réalisé à partir d’une douzaine d’entrevues individuelles et d’une étude de cas régionale, documente donc diverses expériences de femmes impliquées en politique, notamment afin de bien comprendre comment interviennent les questions de l’articulation famille-travail et de la socialisation politique à chaque étape de leur trajectoire. Ce projet vise également à mettre en évidence les points de vue de ces femmes, qui connaissent bien les rouages des milieux politiques, sur les possibles transformations du mode de fonctionnement des espaces politiques, qui n’ont jusqu’à aujourd’hui procédé qu’à très peu d’aménagements pour faciliter la participation des femmes aux différents moments de leurs vies.
Auteure : carmen diop (Université Paris 13 -EXPERICE)
2 - Les femmes de paille ou le leadership empêché
Une enquête qualitative en cours cherche à comprendre le double processus de visibilisation et d’invisibilisation dont font l’objet les femmes noires diplômées au travail en France. Visibilisation dans un contexte où il importe de valoriser diversité, égalité des chances et politiques inclusives. Invisibilisation, qui marginalise leurs expériences subjectives, leur professionnalité et leurs compétences. Situées à l’intersection de plusieurs rapports sociaux de domination, elles sont inclues et exclues, elles apparaissent comme des « femmes de paille ». Cette présentation s’inspire des enquêtes ethnographiques sur le « racisme ordinaire » menées aux Pays Bas et aux USA auprès de femmes noires biculturelles très qualifiées (Essed, 1984 ; 1991; 2004). Elle analyse les aspects interculturels du leadership au travail en France. Elle illustre les (pseudo ?) réussites s de salariées confrontées, en tant que femmes, à l'inversion des rôles domestique et salarié et, en tant que Noires, à l’injonction d’invisibilité et de soumission faite aux immigrés dans l’espace public. Sur un marché du travail français structuré par des divisions de genre et des oppositions entre Français et personnes issues de l’immigration (Maruani, 1998 ; 2000), elles sont perçues comme subalternes (Spivak, 1988), victimes d’un traitement différencié (Maruani, 1998), et accèdent difficilement à une évolution ascendante (Merckling, 2011 ; 2012). Dynamiques de reconnaissance et stratégies identitaires permettent de penser l’intrication les configurations des rapports de domination (Wekker, 2009) et d’observer les stratégies de ces «altérités de l’intérieur » (Guénif-Souilamas, 2010 ; 2011). Confrontées à un déni de légitimité (Renault, 2004 ; Schaut, 1999 ; Honneth, 2000 ; Gueguen, Malochet, 2012), elles produisent des « récits de résistance» où se mêlent subjectivité et objectivité sociale (Hughes, 1996, Becker, 1986, Bertaux, 1996, Demazière, Dubar, 2004) pour dépasser les représentations (Delory-Momberger, 2009 ; 2010 ; 2011 ; Butler et Foucault cités par Sanna, 2006).
Auteure : Soline Blanchard (Université Toulouse Jean Jaurès et CNRS/EHESS/ENS)
3 - "Vous perdez votre temps avec tous ces machins-là : c'est pour amuser la galerie !" Promouvoir l'égalité femmes/hommes : résistances et leviers d'action
Quelles sont les résistances rencontrées sur le terrain de la mise en œuvre de l’égalité femmes/hommes ? Quels sont les leviers d’action mobilisables ? Cette communication se propose de répondre à ces questions à partir d’un vaste corpus de données écrites et orales (dont une centaine d’entretiens) réuni dans le cadre d’une recherche doctorale sur la mise en œuvre de l’égalité professionnelle dans les entreprises françaises. Le constat de départ est celui d’un mouvement combinant des éléments contradictoires depuis 40 ans : d’un côté, l’égalité professionnelle s’est progressivement imposée comme "problème public" ; de l’autre, sa mise en œuvre se heurte à l’inertie des actrices/acteurs (représentant-e-s des pouvoirs publics, syndicalistes, dirigeant-e-s et managers des ressources humaines) ainsi qu’à l’ambiguïté des mesures adoptées. Pour comprendre ce phénomène, la communication interroge la façon dont les différents groupes d’actrices/acteurs concernés se saisissent (ou non) du problème "égalité professionnelle" à partir d’une analyse de leurs discours et pratiques. S’inspirant des travaux de Patrizia Romito (Un silence de mortes. La violence masculine occultée, Paris, Syllepse, 2006), elle propose alors une typologie mettant en lumière trois mécanismes composites d’appréhension des inégalités femmes/hommes au travail (occultation, relativisation et révélation). En outre, la communication relève les principales tactiques développées par les consultant-e-s en réponse aux difficultés rencontrées pour faire (re)connaître l’existence d’un problème "égalité professionnelle" et la nécessité de solliciter une expertise spécifique pour y remédier.