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Animatrice : louise lafortune (Univ du Québec à Trois-Rivières)
Titre : 521 - Penser et agir l’éducation
Résumé : -

Auteure : Sylvie Ayral (Université de Bordeaux)
1 - Ecole, sport, loisirs, culture : penser l'éducation des garçons dans une perspective féministe
Aborder la lutte contre les stéréotypes sexués à l'Ecole sous le seul angle de l'égalité entre les filles et les garçons s'avère peu efficace. Combien de conventions pour l'égalité entre les filles et les garçons se sont égrenées depuis 30 ans? Pour quels résultats? Nous postulons que c'est seulement en nous attaquant à la racine du phénomène - l'éducation des garçons - et en identifiant les facteurs de résistance au changement que les choses pourront évoluer. Cela suppose de changer de paradigme, de cadre de pensée et d'action. Le problème n'est pas de « sauver les garçons ». Le problème n'est pas de « lutter pour l'égalité entre les filles et les garçons". Le problème n'est pas de « combattre l'homophobie ». Le problème est d'en finir avec la fabrique des garçons. De contrer les mécanismes sociaux qui encouragent les enfants de sexe masculin à réprimer peu à peu leurs goûts personnels, leurs émotions, leurs affects, leur relation à eux-mêmes et à autrui et qui peuvent en conduire certains, lorsqu'ils deviennent adultes, à la violence conjugale, à la criminalité routière, au suicide etc. Cette communication analysera les mécanismes de séparation et de hiérarchisation des sexes à l'œuvre au sein de l'Ecole, dans le sport, les loisirs, la culture, instances majeures de socialisation après la famille mais aussi les alternatives et les leviers existant pour en finir avec la fabrique des garçons, entendue comme la reproduction du patriarcat et de la domination masculine. Parce que, comme nous le montrent les liens étroits entre la violence de domination, le sexisme et l'homophobie, la dévalorisation systématique des valeurs liées au "féminin" structure la construction identitaire des garçons, nous conclurons en réaffirmant la pertinence d’un paradigme féministe pour repenser leur éducation..
Auteure : Nadia Lamamra (Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle)
2 - Socialisations en tous genre en formation professionnelle duale en Suisse
En Suisse, la formation professionnelle est la filière de formation privilégiée des jeunes au sortir du secondaire. En effet, près de 2/3 des jeunes choisissent cette voie, et en priorité la formation duale, qui alterne apprentissage théorique en école et pratique en entreprise. De plus, les filières de formation et les professions connaissent toujours une forte ségrégation de sexe. Anti-chambre du marché du travail, soumise aux mêmes logiques de ségrégation et de division du travail que celui-ci, la formation professionnelle reproduit les inégalités du marché du travail, mais perpétue aussi celles du système de formation. De plus, prise dans une tension entre deux logiques (produire et former), elle produit également les siennes propre. Dans le cadre d’une recherche sur les arrêts prématurés en formation professionnelle duale, 46 entretiens semi-directifs ont été menés (23 filles et 23 garçons). Basée sur des analyses secondaires de ces entretiens, cette contribution élargira la réflexion, en partant des arrêts pour envisager la formation professionnelle comme espace de socialisation, en particulier de genre. Outre cette perspective, la contribution cherchera à proposer une analyse intersectionnelle, en questionnant l’articulation de divers systèmes de domination. Après une mise en contexte, une première partie reviendra sur les éléments de genre transmis en formation professionnelle: l’apprentissage de la division sexuelle du travail; la mobilité de genre opérée par certain-e-s durant cette socialisation; la transmission des normes de féminité et de masculinité. Une seconde partie, s’intéressera, au travers d’études de cas à l’imbrication de divers systèmes: l’apprentissage conjoint des rapports sociaux de sexe et de l’hétéronormativité; l’articulation entre sexisme et racisme ; la question des normes de genre et de classe. Les résultats éclaireront la violence de ces socialisations : la brutalité des assignations aux normes, des rappels à l’ordre en cas de transgression.
Auteure : louise lafortune (Univ du Québec à Trois-Rivières)
3 - Quelles compétences pour accompagner une démarche réflexive féministe?
Au cours d’un travail qui a duré plus de deux années, l’équipe de Relais-Femmes (RF) a fait émerger des compétences pour accompagner une démarche réflexive féministe. À partir d’un travail collectif d’accompagnement-formation pour mettre en actions des stratégies réflexives-interactives associées à la formation dans divers groupes de femmes, des compétences ont émergé et ont été raffinées et complétées à partir de travaux déjà réalisés. Au cours de cette communication, nous exposerons la démarche réalisée pour construire ce référentiel de compétences, mais aussi les neuf compétences ressorties : 1. mettre en œuvre un accompagnement-formation réflexif-interactif féministe; 2. mobiliser des ressources associées aux orientations de Relais-femmes dans les actions d’accompagnement-formation; 3. travailler en équipe en cohérence avec les orientations de Relais-femmes dans une perspective de coconstruction; 4. communiquer dans la complexité et la diversité; 5. exercer un leadership partagé dans une équité sociale; 6. mettre en action des habiletés de pensées complexes; 7. exercer un jugement critique et éthique; 8. s’engager dans un développement professionnel; 9. prendre en compte la dimension affective dans une perspective professionnelle. Chaque compétence sera explicitée par des composantes qui fournissent des actions pour les mettre en application. Ce seront donc des moyens réflexifs-interactifs d’accompagnement-formation qui seront proposés et discutés en lien avec une perspective féministe. Quelles sont les particularités de ces compétences et moyens qui les inscrivent dans une telle perspective? Avec la collaboration de Relais-Femmes
Auteure : Fatou Diop SALL (GESTES Université Gaston Berger)
4 - La production de données comme élément de prévention des périls de sécurit et de justice dans les milieux de formation
La violence comme le dit Françoise Héritier est historique et construite. Les violences basées sur le genre (VBG) constituent une violation de droits humains qui touchent de plus en plus de personnes et demeure un défi majeur. Le Sénégal a ratifié les conventions internationales contre les violences basées sur le genre et a adopté un ensemble de lois les sanctionnant. Toutefois, le phénomène persiste et touche des milieux insoupçonnés. Cette communication présente les résultats d’une recherche sur les VBG en milieu de formation à partir de l’enquête menée par le Groupe d’études et de recherche genre et sociétés de l’université Gaston Berger de Saint Louis (GESTES ), avec l’appui du Centre de Recherche pour le Développement International ( CRDI), dans le cadre du programme gouvernance, sécurité et justice. L’étude a eu pour cadre les établissements scolaires moyens, secondaires et supérieurs, publics et privés. Des enquêtes ont été menées dans treize (13) lycées situés à Dakar, à Kolda et Tambacounda. Au total, 300 personnes ont été interrogées dans les lieux de formation dont 113 élèves au niveau des lycées et 187 étudiants dans les universités et Instituts d’enseignement supérieur. L’approche quantitative a permis de mesurer l’ampleur du phénomène, les causes ainsi que les moyens utilisés pour faire face au VBG en milieu de formation. Les structures de prise en charge, les mécanismes pour faire face, le traitement judiciaire des cas de violence, les besoins en appui institutionnel des acteurs ont aussi été documentés. L’étude a abouti à l’élaboration d’une charte de non violence dans les milieux de formation en cours de validation.