Détail ::::::
Animatrice : Nathalie Duhamel (RQCALACS)
Titre : 528a - Violence conjugale : un regard intersectionnel
Résumé : -

Auteure : Faten Khazaei (Université de Neuchâtel)
1 - La fabrique de la différence: La prise en charge des violences conjugales dans le contexte de la migration en Suisse
La nette majorité des victimes des violences conjugales dans le monde sont des femmes, et la nette majorité des auteurs de ces violences sont des hommes. Même si ce simple constat désigne comme responsable le système de genre, à l'heure actuelle en Suisse, les administrations en charge de l'action publique ont tendance à tourner les regards en direction de la migration et des migrants.e.s pour comprendre et expliquer les violences conjugales. Cette approche donne l'idée que ce phénomène concernerait tout particulièrement les personnes migrantes, et plus précisément, celles venues des pays du Sud, en raison de leur culture. C’est alors la « culture » qui est incriminée, « leur culture » en particulier. Ce faisant, lorsque les violences touchent des Suisses.ses d'origine, leurs caractéristiques individuelles sont alors invoquées dans le débat public, tels des troubles psychologiques, un parcours difficile, etc. En d’autres termes, lorsque les violences impliquent des étranger.ère.s, leur «culture sexiste» peut être mobilisée pour expliquer ces comportements violents. En revanche, ce type d’explication n’est pas utilisé pour expliquer les violences à l’égard des femmes lorsqu’elles impliquent des Suisses.ses. Ce qui relève du fait social chez les « autres » ne l’est pas chez « nous ». Ce point de vue pose un enjeu tout particulier dans le cas des institutions de l’État en charge de la lutte contre les violences conjugales. Les modèles explicatifs différenciés qui peuvent être invoqués pour expliquer ces violences sont susceptibles de donner lieu à des méthodes de prises en charge différentes, selon la manière dont les personnes impliquées sont perçues par les agents de ces institutions. De fait, j’essaie de répondre à la question suivante dans ma recherche doctorale : comment les agent.e.s de ces institutions fabriquent la différence ? Plus précisément : comment ils catégorisent leurs «client.e.s», quelles sont ces catégories et comment cette catégorisation conduit à un traitement différencié de ces cas. Les outils développés par les études boundary work permettront de saisir ce processus. L’approche «intersectionnelle» sera également utile pour comprendre toute la variété des articulations de ces catégories. C’est au moyen d’une démarche ethnographique au sein de trois institutions vaudoises en prise avec les violences conjugales, la police, un service hospitalier et un centre d’accueil que je me propose de répondre à cette question. À l’occasion du congrès international des recherches féministes francophone, je souhaite communiquer les résultats d’un premier travail de terrain au sein d’un centre d’accueil et d’un service hospitalier, en Suisse romande.
Auteure : Astrid Mujinga (Radio Okapi,MONUSCO)
2 - Les inégalités sociales et les discriminations des femmes et des filles en République Démocratique du Congo, sources des viols et violences basées sur le Genre, Radio Okapi
Il est d'abord question dans notre sujet, de la situation sociale des femmes et des filles,en RDCongo.Dans ce pays au système atriarcal,phallocrate et militariste a outrance, il persiste encore toutes sortes de discriminations etde marginalisation aux relents du néocolonialisme,a l'egard des femmes.Et plus encore en milieux ruraux.Elles n'ont pas les memes droits,les memes chances,les memes opportunités que les hommes. Pas de droit à l'héritage,des tabous alimentaires fragilisant leur santé.Dans certains milieux,les garçons sont scolarisés au detriment des filles lorsque les moyens manquent. Les femmes et les filles sont confinees aux taches menageres et la maternité.La situation est aggravée par les egises qui prechent la soumission etle Silence absolus des femmes.La femme est pauvre,elle n'a rien en propre.Le neoliberalisme fait qu'on lui attribue un sous-emploi et un salaire derisoire;Les filles sont victimes des mariages precoces,et polygamiques.Pendant la periode des conflits et post-conflits,les femmes et les filles de la RDCongo ont payé un lourd tribu, car victimes des viols à grande échelle, et des violences de la part des groupes armés,voire des civils.Face a cette situation, les femmes leaders des associations font des revendications,essaient de faire appliquer des textes internationaux comme la Resolution 1325 des Nations Unies.Il y a meme dans la Constitution de la RDCongo,l'article 14 qui prone la parité homme-femme. Mais l'application de ces textes suit au pas de tortue vu le nombre reduit des femmes dans les Organes et instances de prise de Decision.Pas non plus une grande solidarité entre femmes,selon les categories sociales. Il faut donc une grande sensibilisation,etla difusion de bonnes pratiques,pour une redefinition des taches attribuees aux sexes,dans tous les domaines ,dès le bas age;il faut un changement de comportements.Il faut donc,beaucoup d'études pour lesfilles,connaissance des droits par les femmes.Et des hommes genrés.
Auteure : Jean-Laurent Rosenstrauch (Ehess (Paris))
3 - Peut-on comparer la production statistique effectuée sur la question des violences faites aux femmes des deux côtés de l'Atlantique (France, Canada, États-Unis) ?
Bien que les chercheurs de l’Enveff considèrent que la comparaison entre les enquêtes statistiques françaises, américaines et canadiennes concernant les violences faites aux femmes doive être envisagée avec prudence (Enveff, 2003), des travaux ont pourtant été produits sur le terrain des études comparatives (Cavalin, Catherine, 2010, 2013). La comparaison achoppe néanmoins sur les manières de définir les violences : si certaines enquêtes américaines auprès de couples mariés révèlent l’existence de violences vécues par des hommes, en symétrie avec celles subies par des femmes (Gelles, Richard, Strauss, Murray, 1985), l’enquête canadienne de 1999 questionne des femmes et des hommes, donnant d´autres résultats. L’Enveff vise à traiter l’ensemble des violences psychologiques, verbales, physiques et sexuelles, interrogeant exclusivement les femmes. Ces recherches ont en commun d’enquêter sur un domaine sensible : les violences vécues par les femmes interrogées par téléphone restent souvent indicibles en présence du conjoint supposé agresseur. Ce qui doit nous interroger sur les usages des méthodes de collecte, en fonction des publics concernés par les questionnaires. À ce titre, certaines enquêtes construisent des questionnaires spécifiques sur les violences subies par les femmes (Enquête Canada, 1993, Enveff, 2000). Comment les autres enquêtes françaises se situent par rapport à l’enquête Enveff (Inserm, 2008, Insee, 2008, 2013, Ined, 2015) ? Existe t-il une spécificité des enquêtes francophones élaborées par des institutions publiques, à l´opposé de celles menées par des entreprises privées comme aux États-Unis ? Ce sont ces questions que notre communication se propose de discuter en se fondant sur une analyse secondaire des données.