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Animatrice : Geneviève PEZEU (Université Paris 5 (CERLIS) - ANEF)
Titre : Violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur - Séance 2 : Récits d’expériences traversant quatre continents
Résumé : Animation avec Véronique Perry, Université Toulouse III

Auteure : Isabelle Côté (Université de Montréal)
1 - « La jeune femme était consentante » Une réflexion féministe sur la protection des agresseurs dans les médias : Le cas de l'équipe de hockey de l'Université d'Ottawa
En février 2014, un scandale a ébranlé la communauté de l’Université d’Ottawa lorsque des joueurs de l’équipe de hockey ont agressé sexuellement une jeune femme lors d’un match à Thunder Bay, résultant en une suspension de l’équipe pour la saison 2014-2015. Depuis, plusieurs articles de journaux ont fait état de la situation, en donnant fréquemment la parole aux joueurs de hockey eux-mêmes et en les positionnant comme des victimes de la suspension de l’équipe. S’appuyant sur une analyse de plus de 50 articles de journaux portant sur le sujet, cette présentation mettra en lumière deux hypothèses pouvant expliquer ce discours médiatique. Une première hypothèse est que les médias reflètent les trois cultures de la masculinité telles qu’élaborées par Kimmel (2008), soit la culture de la légitimité, la culture de la protection et la culture du silence. La seconde hypothèse est que les médias occultent volontairement la violence masculine envers les femmes (Romito, 2006). Plus précisément, les journalistes a) minimisent les faits; b) déresponsabilisent les agresseurs en mettant l’accent sur les qualités personnelles et les exploits sportifs des joueurs; c) blâment la victime, en remettant en question sa crédibilité et en mettant l’accent sur son inaction à déposer une plainte. Suite à cette réflexion, des pistes de solutions s’adressant aux hommes, aux médias et à la société dans son ensemble seront proposées.
Auteure : Yvette Onibon Doubogan (Université de Parakou)
Le-s co-auteure-s : Elisabeth Hofmann (Université de Bordeaux)
2 - Mesurer le harcèlement sexuel à l'université de Parakou (Bénin) – réflexion à partir d'une étude exploratoire sur un sujet sensible
La recherche féministe tire son essence des méthodes de recherche en sciences sociales qu’elle vient enrichir à partir de diverses approches épistémologiques et pluridisciplinaires pour analyser er saisir les savoirs et pratiques sociales, ainsi que leurs influences sur le quotidien des hommes et des femmes. Dans cette logique, la recherche féministe aborde de plus en plus des thèmes sensibles, dont la réalité est difficile à saisir. En 2013, une étudiante en Master à l’Université de Bordeaux et une étudiante en Licence à l’Université de Parakou ont entrepris ensemble une étude sur les violences de genre à l’Université de Parakou, encadrées par deux enseignantes chercheuses, de Parakou et de Bordeaux, auteures du présent article. L’ensemble de ce processus a été une expérience riche d’interrogation sur les enjeux normatifs dans cet espace de libertés académiques que représente l’université. D’une part, le glissement de « violences de genre » vers « harcèlement » s’est produit insidieusement, impliquant un changement normatif en plus de celui sémantique et posant la question de la victimisation. Cet article analyse ce glissement et ce que cela implique en terme de normes, de qualification des faits, des auteur-e-s. D’autre part, le choix des outils, les conditions de leur administration et les biais potentiels seront évoqués, à la lumière des enjeux particuliers que représente le milieu universitaire. Des réflexions sur les points forts et faibles des outils utilisés et de la manière de les administrer, le positionnement de « pairs », les « leçons tirées » en vue d’autres études sur ce sujet seront abordés pour confronter la recherche féministe, ses méthodes et outils aux réalités sociales et culturelles qui peuvent interagir pour fragiliser les résultats. Quelles pistes d’améliorations méthodologiques ? Quelles leçons tirées pour l’étude des « sujets sensibles » ?
Auteure : Yves Raibaud (Université Bordeaux Montaigne)
3 - Le harcèlement de rue des étudiantes à Bordeaux
La communication présente un travail de recherche sur le harcèlement des étudiantes à Bordeaux. L'enquête réalisée par questionnaires, entretiens et groupes focus montre les conditions dans laquelle les étudiantes vivent la ville, partagées entre sentiment de liberté, désir de fête et anxiété. Elle décrit la graduation des agressions, de la drague lourde au viol, les lieux et les circonstances des ces situations, la façon dont les étudiantes réagissent. Elle précise ensuite les contraintes que s'imposent les étudiantes à Bordeaux : avant de sortir, dans la rue, dans les transports en communs, dans les lieux de fêtes, la nuit. Participant à l'ambiance des villes, les étudiantes sont des proies pour tous les prédateurs, dragueurs de banlieue ou harceleur à haut niveau d'études. La présence dans la ville d’étudiantes met en scène les images érotiques qui participent aux imaginaires sexuels mondialisés. Des étudiantes venues d’Europe de l’Est, des anciennes colonies africaines ou de Chine, habitant sur un campus excentré sont les cibles peu protégées des agresseurs. Bien qu'elles aiment les quartiers de fêtes et revendiquent leur place dans la ville, les étudiantes participent à leur dépend à l'érotisation d'une ville faite par et pour le désir des hommes. La communication présente l’engagement de l’Université de Bordeaux sur ce sujet : création d’une mission égalité femmes hommes, d’une cellule de veille contre les violences sexistes et homophobes, d’une charte antisexiste. La communication s’interroge au final sur l’engagement des hommes sur ce sujet, comme une entrée possible vers les idées et les actions féministes.
Auteure : Fernanda MARQUES DE QUEIROZ (Université d´État du Rio Grande do Norte)
Le-s co-auteure-s : MARIA ILIDIANA DINIZ (UNIVERSITÉ D´ÉTAT DO RIO DE JANEIRO)
4 - LE HARCÈLEMENT MORAL ET SEXUEL SUR LE LIEU DE TRAVAIL: la réalité vécue par les vendeuses de l'État du Rio Grande do Norte-Brésil
Dans la réalité brésilienne, c'est au quotidien que les violences sociales se reflètent dans la vie des femmes, à l'intérieur comme à l'extérieur de leur foyer. Elles sont victimes de discrimination dans la sphère publique, notamment par le biais de salaires inférieurs à ceux des hommes, une plus grande difficulté à entrer sur le marché du travail formel, leur insertion en emploi partiel et précaire, ainsi que les différentes formes de violence endurées chaque jour sur leur lieu de travail. Les types de violence les plus fréquents dans ce domaine sont le harcèlement moral et le harcèlement sexuel. Il s'avère toutefois nécessaire d'encourager de plus amples discussions et réflexions théoriques sur le sujet au niveau universitaire. Dans cette optique, la présente recherche vise à identifier les types de violence perpétrés à l'encontre des vendeuses des villes de Natal et Mossoró - Rio Grande do Norte, à acquérir une compréhension de la situation de ces femmes victimisées par le harcèlement moral et sexuel, et à discerner les politiques publiques existant dans ces villes afin de prévenir ces formes de violence.