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Titre : Colloque 240 - Séance 1 - Mobilisation des travailleuses et travailleurs
Résumé : Précédé d'une introduction : Tisser des liens mobilisateurs entre la recherche et la pratique Johanne Saint-Charles, Karen Messing, Rachel Cox et Mélanie Lefrançois, UQAM, Québec

Auteure : Mélanie Lefrançois (Université du Québec à Montréal)
Le-s co-auteure-s : Anne Renée Gravel (Téluq)
1 - Stratégies de conciliation travail-famille et travail-grossesse : influence des actions individuelles sur la mobilisation collective
Les difficultés de conciliation travail-famille (CTF) et de conciliation travail-grossesse (CTG) peuvent poser un risque pour la santé physique et mentale des personnes qui les vivent. Du côté de la CTG, l’article 40 de la Loi québécoise sur la santé et sécurité du travail permet à la travailleuse enceinte qui produit un certificat médical attestant que son travail présente un risque pour elle ou son enfant à naître, de demander à son employeur d'être affectée à « des tâches ne comportant pas de tels dangers et qu'elle est raisonnablement en mesure d'accomplir ». Néanmoins, quand vient le temps d’appliquer cette réglementation, les demandes des travailleuses sont souvent accueillies tièdement, étant perçues comme « compliquant » la vie de l’organisation. Quant à la CTF, les avancées sont minimes malgré des efforts politiques et une volonté de changement exprimée par les syndicats et certains employeurs. Nous proposons de mettre en écho les résultats de trois études portant sur l’analyse d’entretiens semi-dirigés et mettant en lumière l’expérience de CTF ou CTG au sein d’emplois de service (santé, alimentation, transport). Nous abordons les résistances dans les milieux de travail sous l’angle des stratégies de conciliation déployées par les travailleuses qui, associées la temporalité des besoins de CTF et de CTG mais aussi à la temporalité du climat organisationnel, sont plutôt d’ordre informel. Cela contribue involontairement à l’invisibilité des enjeux de CTF et de CTG et à compromettre l’intérêt à s’engager dans une démarche collective pour revendiquer de meilleures conditions pour la conciliation. Comment déconstruire ce cercle vicieux ?
Auteure : Jessica Riel (Université du Québec en Outaouais, CINBIOSE)
2 - Le défi de mobiliser les travailleuses et travailleurs : réflexion sur la résistance d’enseignantes du secondaire et de la formation professionnelle à aborder la question du genre
Dans le cadre de deux recherches qualitatives en ergonomie de l’activité, l’une réalisée auprès d’enseignantes, enseignants de niveau secondaire et l’autre auprès d’enseignantes de métiers à prédominance masculine en formation professionnelle, la question du genre a été difficile à aborder avec les participantes et participants. Lors des premiers entretiens ou au moment de la restitution des résultats, une résistance, voire un déni face à la question du genre a été constaté particulièrement chez les femmes. En effet, plusieurs enseignantes rencontrées mentionnaient que les différences observées entre les hommes et les femmes n’étaient pas liées au genre, mais à des traits de personnalité propres à chacun qu’il soit homme ou femme. Pourtant, les résultats révélaient clairement des inégalités selon le genre et des difficultés spécifiques aux femmes. Dans une perspective de transformation du travail et des rapports sociaux en découlant, la mobilisation des travailleuses et travailleurs s’avère être incontournable. Or, dans un tel contexte, comment arriver à les mobiliser sur la question du genre?