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Titre : Colloque 240- Séance 2 - Comment favoriser la mobilisation des employeurs?
Résumé : -

Auteure : Marie-Eve Major (Université de Sherbrooke)
1 - Mobiliser l'employeur à la réalisation d'une intervention
La compréhension du positionnement et des enjeux des différents acteurs, actrices dans les milieux de travail est une condition essentielle à la réalisation d'une intervention en ergonomie visant l'amélioration des situations de travail. La construction sociale d’une intervention représente ainsi un déterminant important de l'apport de celle-ci en termes de changement. L'un des défis de l'ergonome est souvent de mettre en évidence des situations critiques vécues par les personnes au travail qui n'apparaissent pas de façon évidente et dont il faut faire la démonstration. Dans le contexte où les emplois occupés par les femmes comportent souvent des contraintes moins visibles et moins présentes dans les grilles d'analyse de la charge de travail utilisées dans les entreprises, cette démonstration des contraintes de leur travail représente une étape importante de l'intervention. Dans le cadre d’un projet de recherche-intervention en ergonomie qui se déroule dans un milieu agricole de production porcine, divers enjeux de mobilisation des acteurs et actrices du milieu de travail se sont présentés. Deux de ces principaux enjeux seront abordés : 1) comment parvenir à mobiliser les employeurs face à la pertinence de la démarche ergonomique ? 2) comment parvenir à une évolution réelle des représentations des acteurs et actrices du milieu de travail face à la démarche et aux actions de prévention? On s’intéressera, entre autres, au développement de stratégies d’intervention favorisant l’intégration de préoccupations de santé et de sécurité au travail particulièrement là où la question de la prise en compte du travail des femmes s’est posée.
Auteure : Nicole Vézina (CINBIOSE UQAM)
Le-s co-auteure-s : Hélène Sultan-Taieb (Université du Québec à Montréal (UQAM))
2 - Mobiliser l'employeur au cœur même de l'intervention
Avec: - René Brunet, chercheur, Laboratoire d’ergonomie et d’épidémiologie en santé au travail, LEEST, Angers, France On s'intéresse ici au positionnement des employeurs et aux outils utilisés dans les entreprises pour évaluer les contraintes du travail. Nous nous intéresserons à l'invisibilité de plusieurs contraintes typiques du travail des femmes. Notre questionnement portera sur les arguments favorisant la mobilisation des employeurs pour agir en prévention, qu'il s'agisse de la production de résultats concernant les impacts du travail en termes de problèmes de santé, d'absentéisme, de présentéisme, de roulement du personnel, d'aléas de production. Ainsi, on s’interrogera sur le rôle que peut jouer la production de résultats économiques d’évaluations d’interventions ergonomiques pour contribuer à mobiliser les employeurs afin de prévenir les contraintes du travail des femmes. Comprendre le positionnement de l'employeur afin de favoriser une évolution de ses représentations et favoriser ainsi la réalisation d'actions d'amélioration des situations de travail est nécessaire à la démarche ergonomique. On s'intéresse ainsi aux arguments qui pourront permettre la mobilisation des employeurs, d'abord pour reconnaître la présence d'un problème et permettre la réalisation d'une intervention ergonomique et ensuite, au cœur même de l'intervention, afin de cheminer vers des transformations.
Auteure : Valérie Lederer (Université du Québec en Outaouais)
3 - Sexe/genre et incapacité de travail : les défis de la mobilisation au Québec
Les connaissances en matière de prévention de l’incapacité au travail ont décuplé ces dernières années, grâce à de nombreuses recherches réalisées au Québec et à l’international, notamment dans le domaine de l’évaluation de programmes. Les études offrant une perspective de sexe/genre sur l’incapacité au travail sont encore en plein développement, mais ouvrent des pistes prometteuses pour l’avenir. Ces recherches se caractérisent par des collaborations parfois compliquées, parfois ambivalentes, mais néanmoins indispensables et fructueuses entre la communauté scientifique et différents groupes d’actrices et d’acteurs sociaux (Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), employeurs, syndicats). Pourtant, même si les résultats foisonnent, l’appropriation et la mobilisation de ces connaissances par les groupes sociaux restent fragmentaires. Face aux nouveaux défis posés par la croissance des incapacités liées, entre autres, aux troubles mentaux, au cancer et au vieillissement de la main-d’œuvre, il devient urgent de se pencher sur nos pratiques de transfert de connaissances. La mise en place d’un dialogue constant avec les groupes d’actrices et d’acteurs, dès le début de la recherche, est une stratégie qui favorise l’appropriation des résultats.
Auteure : Stéphanie Bernstein (UQAM)
Le-s co-auteure-s : Rachel Cox (Université du Québec à Montréal (UQAM))
4 - Entre égalité et santé, où la lutte pour la santé des femmes au travail doit-elle se nicher?
La législation québécoise relative aux normes et à la santé au travail est le fruit de mobilisations historiques de la part des mouvements syndical et communautaire. En dépit des effets différenciés selon le sexe des politiques de santé démontrés par la littérature scientifique, les questions de santé au travail touchant surtout des femmes ont tendance à être traitées sous l’angle du droit à l’égalité, soit un domaine de droit axé sur le dépôt de plaintes individuelles, plutôt que selon une approche proactive ou de prévention. La conciliation travail-famille en est un exemple, comme l’inadaptation des milieux de travail conçus pour des hommes à des femmes. Parallèlement, on constate que l’adoption de dispositions interdisant le harcèlement psychologique dans la Loi sur les normes du travail a occulté la dimension de genre dans le traitement des plaintes et a réduit la visibilité du harcèlement sexuel au travail. Au moment où, en France, une analyse différenciée selon le sexe est mandatée par le Code du travail, au Québec, la législation en matière de santé au travail demeure résolument gender-blind. La mobilisation autour des enjeux de santé au travail touchant surtout des femmes est-elle plus facile si ces enjeux sont conçus comme des « questions de femmes » ? Le traitement à part de ces enjeux contribue-t-il à réconforter l’idée qu’au travail comme ailleurs, l’expérience masculine est universelle ? Le cas échéant, comment assurer l’intégration et le maintien d’une dimension de genre dans les initiatives mainstream de promotion de la santé au travail?