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Titre : Colloque 240 - Séance 3
Résumé : -

Auteure : Sophie Brière (Université Laval)
Le-s co-auteure-s : Isabelle Auclair (Université Laval)
1 - Le travail et la carrière des femmes en développement international
Dans les dernières années, une féminisation des cohortes d’étudiant-e-s intéressé-e-s par le domaine du développement international et de l’action humanitaire est observable. Non seulement pouvons-nous constater une augmentation du nombre d’étudiantes, mais le niveau de réussite académique de celles-ci est notable. Cependant, le degré de rétention des diplômées dans des emplois liés à leur domaine d’étude est troublant. Alors qu’au niveau théorique les performances sont notables, dans plusieurs cas une rupture s’effectue au niveau pratique où on observe encore une faible proportion de femmes expatriées ou travaillant dans des organisations liées au développement international. Dans cette perspective, plusieurs questionnements surgissent : En quoi consiste le travail et quels sont les types d’emploi occupés par les femmes dans les organisations de développement international et action humanitaire? Dans quelle mesure une carrière en coopération internationale influence et est influencée par les relations personnelles, familiales, culturelles et professionnelles? Quels sont les défis spécifiques pour les femmes et comment les organisations gèrent-elles la carrière des femmes dans ce domaine? Malgré les hypothèses avancées par la littérature présentant les mythes, biais et obstacles inhérents à cette carrière, mais portant essentiellement sur le secteur privé, plusieurs questionnements demeurent. Dans la foulée des pistes d’analyse émanant de ces questionnements, il est nécessaire de travailler tant au niveau de la formation, afin d’analyser l’influence de la socialisation genrée sur les choix et les possibilités de carrière, que de questionner la culture organisationnelle afin de permettre l’émergence d’un nouveau modèle adapté aux besoins et aux réalités des femmes œuvrant en coopération internationale.
Auteure : Hélène Lee-Gosselin (Université Laval)
2 - Des femmes immigrantes entrepreneures : un entrepreneuriat de nécessité paradoxal et émancipateur
Les discriminations liées à l’intégration sur le marché du travail et la déqualification professionnelle rendent souvent difficile la réinsertion professionnelle des immigrantes au Québec. Certaines décident alors de devenir entrepreneure en dépit de conditions financières, logistiques, familiales souvent très difficiles. Quels sont les facteurs qui amènent des immigrantes (latino-américaine, maghrébine et africaine) à le faire ? Quels sont les défis rencontrés et les stratégies adoptées (sphères personnelles et professionnelles) ? Quelles en sont les conséquences et bénéfices ? Quelles convergences et différences existent dans leurs motivations, leurs défis et les reconfigurations de leurs rôles sociaux selon le groupe culturel? Cette recherche exploratoire avait pour but premier de donner une voix à 25 entrepreneures immigrantes de la ville de Québec, de comprendre les conditions dans lesquelles elles deviennent entrepreneures, les défis de financement, de gestion et de développement de leur entreprise ainsi que ceux liés à l’articulation vie personnelle / vie entrepreneuriale dans un contexte où l’insertion sociale est un enjeu. Elle visait aussi à informer les décideurs locaux sur ces réalités et à améliorer le soutien offert. Les résultats révèlent qu’elles se lancent en affaires dans des secteurs économiques très différents de leurs domaines de compétences. Ceci amplifie les défis entrepreneuriaux, ce qui est paradoxal, mais elles persistent et rapportent des bénéfices inattendus notamment sur leur sentiment de compétence. Des reconfigurations différentes de leurs rôles sociaux sont aussi remarquées selon le groupe socio-culturel. Plusieurs pistes d’amélioration des programmes de soutien à l’entrepreneuriat sont proposées pour mieux répondre aux besoins particuliers des entrepreneures issues de l’immigration.
Auteure : Isabelle Auclair (Université Laval)
3 - L’accès au travail des femmes en situation de refuge en Équateur
Les rapports de genre qui précèdent la migration sont susceptibles d’affecter les choix migratoires. En outre, plusieurs recherches attirent l’attention sur la vulnérabilité différenciée des femmes face aux violences dans les processus de recrutement, de déplacement et de passage des frontières. Le contexte de déplacement forcé en étant un particulier, il est essentiel de prendre en compte la situation réelle et spécifique des femmes en situation de refuge tout comme il est nécessaire de questionner les structures mises en place pour assurer leur accès aux services ainsi que le respect de leurs droits. Dans cette perspective, la recherche doctorale sur laquelle est basée cette présentation s’intéresse à l’importance de l’interaction entre les différents axes d’inégalités sociales dans la production et la transformation des formes de violences basées sur le genre vécues par les déplacées colombiennes tant dans la phase pré-départ, dans l’étape de déplacement que lors de leur insertion dans le pays voisin où elles cherchent refuge : l’Équateur. Considérant ce contexte général, en s’intéressant particulièrement à la dernière étape migratoire, cette communication approfondira l’analyse des difficultés et des violences liées au domaine du travail. En effet, dans une situation qui est déjà caractérisée par la précarité et les violences, les discriminations basées sur le genre, l’âge, l’appartenance ethnique, l’orientation sexuelle et le statut migratoire influencent l’accès au travail et complexifient la situation des femmes en situation de refuge.
Auteure : Carol-Anne Gauthier (Université Laval)
4 - La situation des travailleuses immigrantes hautement qualifiées originaires du Maghreb au Québec : une analyse intersectionnelle
Depuis les années 1990, la politique d’immigration québécoise priorise la sélection de personnes immigrantes francophones et scolarisées pour répondre à des besoins démographiques, politiques et économiques. Ainsi, le Maghreb devient une région de provenance importante de personnes immigrantes – surtout des travailleurs et des travailleuses qualifiées – répondant à ces besoins. Cependant, contrairement aux attentes des pouvoir publics, ces personnes ont des difficultés d’intégration socioprofessionnelles parmi les plus marquées, surtout pour les femmes. En effet, elles figurent notamment parmi les groupes d’immigrants au Québec ayant les taux de chômage et de déqualification les plus élevés. Dans le cadre de cette communication, nous proposons une discussion portant sur l’apport de l’analyse intersectionnelle pour analyser la situation spécifique des travailleuses migrantes. Pour ce faire, nous nous appuyons sur les résultats de notre recherche doctorale pour démontrer comment une approche intersectionnelle permet de comprendre la situation des immigrantes hautement qualifiées originaires du Maghreb sur le marché du travail québécois. Cette approche permet d’aller au-delà d’une approche fondée sur le capital humain, pour tenir compte de l’influence de l’articulation spécifique entre le sexe, l’ethnicité et le statut d’immigrante sur le parcours professionnel et les emplois occupés par ces femmes au Québec.