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Titre : Colloque 240 - Séance 5 - Les temporalités sexuées de l'activité
Résumé : -

Auteure : Nadia Lazzari Dodeler (UQAR)
Le-s co-auteure-s : Diane-Gabrielle Tremblay (Téluq-Université du Québec)
1 - Un renouveau dans la fin de carrière ?
A partir d’une analyse genrée du parcours de vie, cet article permet de constater l’imbrication des trajectoires professionnelles et familiales/personnelles chez les jeunes mais aussi chez les plus âgés en fin de parcours professionnel. La problématique de l’articulation ou de la conciliation travail-famille doit donc bien être analysée tout au long du parcours de vie et non seulement en présence de jeunes enfants. Le modèle de parcours de vie de type normatif, en trois temps (études-travail-retraite) semble reculer, voire disparaître. En effet, un quatrième ou un troisième tournant (selon le genre) apparaît et favorise le développement d’une nouvelle carrière après la prise de la retraite. Nous avons qualifié ceci de renouveau de carrière. Nos résultats confirment aussi l’importance de prendre en compte au moins deux sources de diversité, l’âge et le genre, dans les analyses de parcours de carrières. En lien avec l’approche basée sur le modèle «ABC de Carrière Kaléidoscopique» qui combine les choix et les désirs des individus selon leur schéma de vie (Mainiero et Sullivan (2005), nous avons mis en évidence la complexité et la spécificité des carrières féminines mais aussi celle des carrières masculines; les femmes orientant, tout au long de leur parcours de vie, les différents aspects de leur vie, afin de répondre à leurs besoins fortement liés à la famille, quant aux hommes si leur carrière est mise de l’avant en début et au milieu du parcours professionnel, en fin de parcours ils tentent, tout comme les femmes, de répondre aux besoins de conciliation emploi-famille/vie personnelle.
Auteure : Lotte Damhuis (Université Catholique de Louvain)
2 - La fabrique des temporalités légitimes à l'épreuve du genre et de la situation d'emploi
Face aux difficultés que rencontrent les travailleurs de tous horizons dans le vécu et l’organisation de leur temps au travail (sentiment de manquer de temps, problématiques de burn-out, phénomènes de dispersion au travail), des dispositifs de coaching et de formation pour « améliorer sa gestion du temps » se répandent depuis une trentaine d’années. Ces dispositifs d’accompagnement visent à se pencher sur ce temps qui pose problème, à comprendre pourquoi nous sommes si pressés, mais surtout pourquoi il est souhaitable et comment il est possible de changer notre « rapport » au temps en vue de travailler et de vivre mieux. La recherche doctorale sur laquelle s’appuie cette communication vise à décrire et analyser ces pratiques d’accompagnement, sur base d’observations de formations et d’entretiens approfondis, en portant une attention particulière aux modalités ainsi qu’aux registres de valeur (Heinich, 2006) de ce que serait, selon ces coaches, un rapport réussi au temps. Au-delà de l’objectif transversal de ‘retrouver un sentiment de maîtrise du temps’, des inflexions dans les pratiques prescriptives sont repérables. Aussi les coaches mettent-ils parfois des accents différents dans l’accompagnement quand il s’agit d’homme ou de femme ; laissant apparaître à la fois des réalités différentes dans le vécu du temps et les situations de travail, mais également des prescriptions spécifiques quant à l’expérience du temps ou aux modalités de « bonne gestion » du temps, selon le genre. Cette communication proposera à la discussion les éléments autour desquels s’organise cette fabrique de temporalités légitimes selon le genre.
Auteure : Françoise Grodent (HEC- Ecole de gestion de l'Université de Liège)
Le-s co-auteure-s : Annie Cornet (HEC- Ecole de gestion de l'Université de Liège)
3 - Les carrières des cadres : regard croisé du genre et de l'âge. Proposition d'une grille d'analyse théorique
Ce papier a pour objectif la construction d'une grille d'analyse destinée à comparer les trajectoires professionnelles des hommes et des femmes cadres issus de trois groupes d'âge différents, à savoir les moins de 35 ans, les [35-50] ans et les plus de 50 ans. Le fait d’introduire la dimension de l'âge, en plus de celle du sexe, s’appuie sur la notion d’intersectionnalité qui vise à analyser la manière dont se combinent différentes caractéristiques de la diversité (ici le genre et l’âge) dans les trajectoires professionnelles des cadres. L’âge a été découpé en trois groupes de manière arbitraire, cela dans l’idée d’avoir trois catégories d’âge qui cohabitent actuellement et à la même période dans l’entreprise. Ces trois dernières peuvent recouper certaines générations, porteuses de diverses valeurs et représentations qui renvoient notamment aux rôles attribués aux hommes et aux femmes ainsi qu'à certaines attentes quant aux comportements de l’un et l’autre sexe. Cette comparaison intergénérationnelle nous permettra de mobiliser les théories du genre, à savoir les constructions socio-culturelles du féminin et du masculin, les rôles attribués aux femmes et aux hommes ainsi que les rapports sociaux entre les sexes, enracinés dans leur contexte historique. L’objectif est de proposer une grille de lecture qui sera utilisée pour l’analyse de données tant quantitatives que qualitatives collectées dans le cadre d'une thèse en cours de finalisation. Ce travail s’appuie sur une approche abductive, à savoir sur la volonté de faire des allers et retours entre des grilles d’analyse théoriques et des données inductives, utilisées à leur tour pour questionner et affiner les grilles d’analyse proposées.
Auteure : Marc Bessin (CNRS)
4 - Présences intergénérationnelles : le care pour articuler genre et âge
Il s'agira de penser ensemble temporalités et genre, en ce que l'assignation à l'ordre du genre peut s'envisager comme une socialisation à un rapport au temps qui met les femmes dans une disponibilité temporelle et une responsabilité de la durée. En considérant ainsi la temporalité au principe du genre, dans la tradition des problématiques des rapports sociaux de sexe, on peut dès lors envisager le parcours de vie comme un processus d'attente et d'assignation de care. Les présences sociales, qui soulignent les enjeux temporels et sexués du care et se définissent comme un ensemble de supports sociaux mis en place par des professionnel-le-s ou profanes pour répondre aux besoins d’autrui et ne se limitant pas à l’action présente ni à une relation dyadique, se déclinent ainsi en présences intergénérationnelles qui assignent les femmes à anticiper l'avancée en âge et appréhender les normes d'âge en fonction de leur engagements vis à vis de leurs proches, ascendants, descendants et conjoints, au détriment souvent d'autres engagements, professionnels notamment. Des recherches sur la parentalité tardive (entretiens biographiques menés auprès de 48 parents ayant eu des enfants après 40 ans pour les femmes, 45 pour les hommes) alimenteront cette proposition, que l’on pourra prolonger par une discussion sur les conditions et les limites de l'intégration des rapports d'âge dans les approches intersectionnelles.