Détail ::::::
Animatrice :  ()
Titre : Colloque 240 - Séance 8
Résumé : -

Auteure : Bilampoa GNOUMOU THIOMBIANO (Université de Ouagadougou)
1 - Activités économiques en milieu urbain Ouest africain : des disparités entre hommes et femmes
La participation des femmes aux activités économiques est un facteur important du développement durable. Dans les pays d’Afrique, avec l'urbanisation croissante et les crises économiques persistantes, les femmes se trouvent de plus en plus au centre des enjeux économiques. Cependant, bien que leur participation aux activités économiques augmente, des inégalités existent entre elles et les hommes dans les différents secteurs économiques. En effet, les femmes n’ont pas les mêmes types d’emplois et elles ne font pas les mêmes carrières que les hommes. Peu qualifiées et peu instruites, les femmes occupent souvent des emplois précaires et peu rentables, particulièrement dans le secteur informel. L’objectif de la communication est d’examiner les activités économiques des femmes en milieu urbain Ouest africain en comparaison avec celles des hommes. Les données utilisées proviennent de l’enquête "activités économiques, partage des ressources et prise en charge des dépenses au sein des ménages urbains (AEMU)" réalisée en 2012 dans le cadre du projet de recherche "Famille, genre et activités en Afrique subsaharienne (FAGEAC)". L'étude tentera de répondre aux questions suivantes. Quelle est la division sexuelle du travail en milieu urbain africain? Quelles sont les transformations du travail féminin dans les villes africaines? Comment ces transformations se répercutent-elles sur les rapports entre les hommes et les femmes?
Auteure : Ayemi Lawani (Université de Montréal)
2 - Trajectoires professionnelles d'entrée dans les sociétés civiles africaines: devenir et être les femmes leaders d'ONG à Cotonou et à Lomé
Cette communication porte sur les trajectoires professionnelles des femmes au sein des sociétés civiles à Cotonou (Bénin) et à Lomé (Togo). Avec la montée en puissance des ONG locales dans la conception et la mise en œuvre des projets de développement, et la mise en avant du concept de « genre et développement », il est devenu pertinent de s’intéresser à l’expérience des femmes professionnelles dans les ONG locales de développement. Dans un premier temps, la communication répondra à la question suivante : quels processus sociaux conduisent des femmes à devenir des actrices de premier plan au sein des organisations non gouvernementales (ONG) dans les deux villes? Il s’agira d’analyser les mutations contextuelles qui ont favorisé la montée des ONG féminines à Cotonou et Lomé, ainsi que les profils biographiques des femmes professionnelles au sein de ces ONG. Dans un second temps, la présentation s’intéressera aux expériences de ces femmes. Comment perçoivent-elles leur champ professionnel? Et, comment ces femmes très actives dans l’espace public concilient-elles responsabilités professionnelles et devoir familial? Y a-t-il des différences générationnelles? Les analyses présentées se basent sur des entretiens de récits de vie recueillis en 2013 au cours d’un terrain de recherche à Cotonou et à Lomé.
Auteure : Anne Calvès (Université de Montréal)
3 - Emploi rémunéré et participation des femmes aux prises de décision au sein des ménages dans les villes africaines
Depuis les années 1990, les sociétés africaines connaissent des transformations sociales et économiques majeures qui ébranlent les facteurs sous-jacents aux inégalités de genre sur le marché de l’emploi. La crise économique, le chômage et la précarisation de l’emploi des chefs de ménage masculins mais aussi la forte progression de la scolarisation des filles et une perception de l’emploi féminin qui change on observe notamment une féminisation croissante du marché de l’emploi dans les villes africaines. L’accès accru des femmes à un revenu d’emploi se traduit-il pour autant par une plus grande participation de ces dernières aux prises de décision au sein des ménages urbains? Telle est la question principale à laquelle cette étude tentera de répondre en mobilisant des données d’enquêtes nationales réalisées entre 2010 et 2012 dans dix pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale. Depuis quelques années, en effet, les Enquêtes Démographiques et de Santé collectent des informations sur l’activité économique des femmes, le contrôle exercé par celles qui travaillent sur leur revenus d’emploi, ainsi que sur la participation des femmes au prises décisions au sein des ménages. Ces données standardisées récente permettent de dresser un portrait comparatif de la participation des femmes au marché de l’emploi rémunéré et de mesurer l’autonomie que cette participation leur confère au sein des ménages dans neuf capitales d’Afrique francophone: Abidjan (Côte d’Ivoire), Bamako (Mali), Brazzaville (Congo), Cotonou (Bénin), Conakry (Guinée), Dakar (Sénégal), Ouagadougou (Burkina Faso), Niamey (Niger) et Yaoundé (Cameroun).
Auteure : Norbert KPADONOU (UCL)
4 - Travail domestique et cycle de vie des couples à Cotonou et à Lomé
En Afrique de l'Ouest, comme dans bien d'autres parties du monde, les femmes assument l'essentiel des travaux domestiques. Dans le même temps, leurs taux d'activité sont très élevés comparés à d'autres parties du continent : plus de 60% des femmes ouest africaines travaillent ; soit trois fois plus qu'en Afrique du Nord par exemple (OCDE, 2011). Ces caractéristiques soulèvent un problème de conciliation travail famille encore insuffisamment considéré par les scientifiques et par les politiques en Afrique de l'Ouest, alors qu'il est depuis longtemps au cœur des débats sur l'emploi et les politiques familiales, dans les pays occidentaux (Régnier-Loilier et Hiron, 2010 ; Vuagniaux, 2007 ; Barrère Maurisson, 2010). Cette communication interrogent les facteurs associées aux partagent inégalitaires des tâches domestiques et des soins aux enfants au sein des ménages dans deux capitales ouest africaines : Cotonou et Lomé. Nous nous intéressons notamment à identifier les facteurs susceptibles de conduire les hommes à s'impliquer dans des tâches encore radicalement considérées comme féminines et à repérer d'éventuelles variations au cours de l'union. Les résultats montrent que si les hommes s'impliquent dans les tâches domestiques dans les premières années du mariage, ils tendent à se désengager à mesure que l'union vieillit. Très peu d'hommes s'impliquent dans les tâches parentales, hormis dans le suivi les devoirs, ce qui reflète souvent un décalage dans le niveau d'éducation des deux parents. Contre toute attente, le niveau d'instruction du couple n'induit pas un partage plus équitable des tâches domestiques entre les conjoints. En revanche, les couples où les deux conjoints exercent une activité sont plus enclins à au partage des tâches ménagères. Enfin, la comparaison internationale permet de relativiser la pertinence d'un modèle côtier habituellement assigné à deux villes (De Vreyer et Roubaud, 2013).