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Animatrice : Muriel Gomez-Perez (Université Laval/Chaire Claire-Bonenfant)
Titre : 510a - Des droits et des luttes
Résumé : Des droits et des luttes

Auteure : osire Glacier (Université Bishop)
1 - Résistance et pouvoir au féminin : le cas des femmes politiques marocaines
Cette recherche a été conçue à la suite des résistances rencontrées par les associations de femmes au Maroc, dans leurs efforts de promotion de la présence de femmes dans les instances politiques, depuis le début de la campagne de sensibilisation dans les années 1990, jusqu’aux requêtes exigeant la consécration constitutionnelle de la parité entre les sexes dans tous les domaines, en 2011. En effet, ces efforts ont montré que si la présence des femmes dans la sphère publique ne constitue plus un tabou de nos jours, en revanche, leur accession aux postes de pouvoir le demeure. La question de l’instrumentalisation de la culture, de la religion et des traditions se pose, quand leur interprétation officielle consacre le statut inférieur des unes, et inversement le statut supérieur des autres. Cette présentation vise à déconstruire la croyance populaire selon laquelle cette présence serait étrangère à la société marocaine. Pour ce faire, j'ai consulté les sources arabes historiques classiques à la recherche des femmes qui ont participé à la gestion des affaires publiques des temps anciens à nos jours. En rappelant que nombreuses sont les femmes qui ont soit exercé le pouvoir, soit participé à l’exercice du pouvoir et/ou à la gestion des affaires publiques, soit contesté les expressions du pouvoir de leur temps, cette recherche montre que la présence des femmes dans les instances de prise de décision fait partie intégrante de l’héritage religio-culturel marocain.
Auteure : Muriel Gomez-Perez (Université Laval/Chaire Claire-Bonenfant)
2 - Femmes, islam et médias au Burkina Faso et au Sénégal : une revendication des droits à mots couverts
Depuis une vingtaine d’années, des mobilisations féministes islamiques ont émergé à partir de l’Iran et de l’Asie du sud-est pour revendiquer l’égalité des sexes ; les interprétations patriarcales sur la polygamie et la répudiation ont ainsi été remises en question à travers la relecture des textes islamiques. En Afrique subsaharienne, depuis plus de vingt ans, les femmes revendiquent la conquête d’espaces en milieu urbain, militent activement dans des associations islamiques nationales et de quartier ce qui leur permet de gagner en autonomie et certaines participent aux débats publics sur la laïcité, les droits des femmes et le code de la famille. Par ailleurs, l’émancipation féminine en Afrique subsaharienne a été analysée en se focalisant sur des itinéraires de femmes de culture francophone. À travers une trentaine d’entretiens de femmes réalisés entre 2008 et 2013, l’objet de cette communication est de proposer un regard comparatif entre le Sénégal et le Burkina Faso, et d’analyser, à travers les itinéraires et les discours de femmes, arabophones de formation, leurs degrés divers d’émancipation. Ceux-ci ne s’apparentent pas, stricto sensu, à du féminisme islamique mais permettent de voir en quoi ces femmes ne reproduisent pas les principes de domination masculine. Ces femmes vivent une situation transitoire : elles investissent les médias où la voix des hommes est hégémonique, certaines poursuivent des études supérieures pour prendre conscience davantage de leurs droits, d’autres attestent de leur capacité d’agency et, d’autres invitent à de nouveaux rapports de genre en changeant par petites touches les normes sociales en vigueur.
Auteure : Lopes Wohnlich Daniele (Université de Lausanne)
3 - Bolsa Familia au niveau local : réflexions autour d'un « projet féministe »
Entre 2005 et 2012, dans un contexte marqué par des réformes administratives, en particulier dans le cadre de l’assistance sociale, la municipalité de Fortaleza (situé au Nordeste du Brésil) met en place une ‘’gestion féministe’’ au sein de son programme phare : la Bolsa Familia. Ce dernier se caractérise par une aide financière et regulière aux familles pauvres et extrêmement pauvres à condition de respecter des engagements dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la nutrition des enfants. La glorification de la famille et l’émergence de la mère comme bénéficiaire privilégiée, ainsi que l’incitation fédérale à créer des actions complémentaires en vue de leur autonomisation, autorise les pouvoirs local à s’associer avec des ONGs et des militantes féministes locales. Il en ressort, selon leur termes : un projet féministe. Ce dernier s’est traduit par une sensibilisation des femmes bénéficiaires aux études genre et des formations professionnnlles en vue de les encourager à investir des métiers dits « masculins ». Nous avons rencontré ces femmes et les gestionnaires locaux lors d’une étude menée à Fortaleza en 2010 et 2011. Comment comprendre ce ‘’feminisme’’ en pratique ? En suivant la pensée féministe attachée au postcolonial studies, la présentation s’attache à lire l’impact de cette expérience sur les gestionnaires et les bénéficiaires à la croisée des rapports sociaux de sexe, de classe et de « race ». Qu’il s’agisse d’un nouveau projet, la logique reste la même : en faisant fi du contexte, il s’agit de gouverner les pauvres par l’incitation d’un changement de comportement.
Auteure : mara montanaro (Université la Sapienza)
4 - Pour une praxis du féminisme
Mara Montanaro, docteure en Philosophie. Chez Françoise Collin 7 cité d’angoûleme 75011 Paris mara.montanaro@hotmail.it But de mon intervention est de faire dialoguer la pensée de Françoise Collin et des différentes perspectives féministes queer et post-coloniales. D’une part, il s’agira de questionner l’impasse dans laquelle nous nous trouvons : une situation paradoxale où la permanence et la réaffirmation d’éléments patriarcaux dans notre culture et dans notre vie quotidienne s’accompagne – sans lien de causalité directe entre l’une et l’autre chose – d’une dérive des analyses et des pratiques féministes. Cette dérive prend la forme d’une institutionnalisation sur fond d’essentialisation. L’enjeu est donc avant tout une sortie de ce double « blocage » de l’alternative patriarcat/essentialisation. C’est à travers une reprise du concept de différence en tant que praxis tel que l’élabore Françoise Collin qu’il s’agira d’en développer l’analyse. Il faudra aussi prêter garde au fait que le devenir institutionnel du féminisme a parfois conduit celui-ci sur la voie d’un « féminisme blanc, urbain et occidental en évitant soigneusement toute intersectionnalité possible des pratiques de résistance et des revendications. Au rebours de cela, il s’agira dès lors, de rouvrir le féminisme, comme subalternité spécifique, à l’entrecroisement avec d’autres points de vue subalternes : une véritable « composition » des différences à partir de la matrice puissante du féminisme contemporain. Le concept de praxis de la différence des sexes, forgée par Collin, peut jeter une nouvelle lumière pour dessiner de nouvelles pratiques de résistance aux stratégies sans cesse déplacées du pouvoir.
Auteure : Adeline Nsimire (Sauti ya Mwanamke Kijijini (SAMWAKI))
Le-s co-auteure-s : Boniface Bahizire (Journaliste)
5 - Les clubs d'écoute communautaires, pour une 'autre' image de la femme du Sud-Kivu
Les clubs d’écoute communautaires, pour une ‘’autre’’ image de la femme du Sud-Kivu Que reste-t-il de la femme de la femme du Sud-Kivu, une province de la République démocratique du Congo qui a cette honteuse réputation d’être la ‘’ capitale des violences sexuelles’’ au monde ? Certes les violences sexuelles sont une réalité au Sud-Kivu. Il existe cependant une autre réalité hors micros et cameras : Au Sud-Kivu, c’est la femme qui se bat pour la survie de la communauté en cette région ruinée par la guerre, la famine et la pauvreté. Promouvoir un courant féministe qui étale les valeurs positives et la bravoure de la femme partout ou elle se bat pour nourrir les siens (a domicile, au champ, au bureau, au marché,…) est l’idée qui nous a animés en mettant en place des clubs d’écoute communautaires au Sud-Kivu. Ce cadre de concertation regroupe les femmes et les hommes pour identifier les problèmes qui freinent le développement de leur milieu, d’en analyser les causes et les conséquences, de proposer des stratégies pour les résoudre et entreprendre des actions communautaires et concertées. Ce courant prône la valorisation et la visibilité du rôle de la femme rurale dans la vie de la famille et de la communauté comme moyen d’assouplir sa marginalisation. Grace à ces rencontres les femmes et les hommes ont revu librement la répartition des taches au sein du ménage et les produits du champ sont conjointement gérés. L’atelier sera animé par Madame Adeline Nsimire, coordinatrice de l’organisation SAMWAKI.